C’est la faute des économistes!

C’est la faute des économistes!

6 juin 2014 par 
Dans cette nouvelle section, le rédacteur en chef du Mouton Noir, Marc Simard, partage avec les lecteurs ses coups de gueule, des textes coup de cœur de collaborateurs et encore plus… Cette semaine, le texte de son choix en est un d'André Mainguy de Montréal sur le faible poids des femmes au sein du cabinet Couillard et du rôle des économistes. ——————-

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard (source : Facebook)

Le sept avril dernier, les Québécois ont choisi un nouveau gouvernement, celui du PLQ. En date du deux juin 2014, le gouvernement Couillard à presque reconduit tous les projets économiques amorcés par le gouvernement de la travailleuse sociale, Pauline Marois, ce qui veut sans doute dire, que ces projets avaient du sens.

Là où le gouvernement de Philippe Couillard inquiète, c’est la concentration de tous les ministères importants, soit, l’Économie et Finances publiques, Santé et Éducation, sont aux mains d’un nombre limité d’hommes, puisqu’aucune femme n’est représentée dans ces ministères. Nous n’aurons que la vision des hommes, une vision machiste du fonctionnement futur de la société québécoise.

On voit trois médecins contrôler plus de 75 % des budgets du gouvernement Couillard, Philippe Couillard lui-même, Gaétan Barrette et Yvon Bolduc. Pour le Développement Économique, Innovation et Exportations, c’est Jacques Daoust, économiste. Aux Finances, Carlos Leitao, économiste, au Conseil du Trésor, Martin Coîteux, économiste et à l’Énergie et Ressources naturelles, HEC.

On remarque un recul marqué pour les femmes à des postes stratégiques au Cabinet Couillard. Philippe Couillard a travaillé quelques années en Arabie saoudite, là où la femme a peu de liberté, pas plus de 50 % des libertés accordées aux hommes.

J’attire votre attention sur les meilleurs gestionnaires que j’ai eu l’occasion, soit de rencontrer, ou de suivre la carrière. À Hydro-Québec, lors de la crise économique de 1982, où les taux d’intérêts atteignaient 20 % avec une dette libellée en dollars américains et un dollar canadien à 60 % de cette valeur, le sociologue, Guy Coulombe a pris la direction de l’entreprise, en faisant ce qu’aucun dirigeant n’avait fait avant lui, soit de rencontrer le personnel de toutes les organisations du travail par groupe de 25 personnes de compétences diverses. Hydro-Québec est sorti de cette crise renforcé au niveau de l’engagement de son personnel. Je ne parlerai pas de la suite, lorsque les libéraux de Bourassa l’ont poussé vers la sortie.

Le deuxième grand dirigeant, politique celui-là, c’est le syndicaliste Luiz Inacio Lula da Silva, devenu président du Brésil, après trois tentatives comme candidat du parti des travailleurs du Brésil. Cet homme de terrain, qui a débuté comme travailleur dans l’industrie métallurgique brésilienne, s’est hissé à la présidence de ce grand syndicat du Brésil dans la mégalopole de São Paolo. Au cours de ses deux termes à la présidence du Brésil, il a fait chuter la pauvreté, chez 40 millions de Brésiliens.

Remplacé par l’économiste, madame Dilma Roussef, elle aussi du Parti des travailleurs, l’économie brésilienne est entrée en crise, l’inflation reprend de plus belle, les infrastructures déficientes, routes, aéroports et infrastructures où Lula avait entrepris un grand programme d’investissements, a été ralenti, au profit des infrastructures pour le Mondial de soccer. Le résultat est la fuite d’entreprises qui investissaient au Brésil, parce que ce pays est bourré de richesses naturelles et d’énergie hydroélectrique. A titre d’exemple, le nom de l’État du Minas Gerais, veut dire « minéralisation générale ».

Si le lecteur ou la lectrice se demande où je veux en venir, je vous dirai tout simplement, que si les économistes sont capables de faire de multiples études sur des enjeux économiques, trop souvent, ils sont débranchés de la réalité du terrain et après coup, on se demande, pourquoi cela n’a pas marché.

Je souhaite un merveilleux été aux lecteurs et lectrices du Journal Mouton Noir.

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