Les sociétés québécoise et canadienne-française sont tolérantes et ouvertes

Les sociétés québécoise et canadienne-française sont tolérantes et ouvertes

9 novembre 2013 par 

Le ministère de l’ Immigration et des Communautés culturelles (MICC) aurait dû depuis longtemps réorganiser son travail de recrutement par une intégration positive des nouveaux arrivants. Photo : Louis-Philippe Cusson

Burka, niqab, tchador, kippa, etc. ne sont que la manifestation visible distanciée de la tradition de la société d’accueil canadienne et québécoise. Tel le tatouage, les signes font partie de la nature humaine et sociétale. Ce sont des symboles qui établissent un message entre les humains, un dialogue entre le visible et l’invisible.

Une société ouverte et tolérante, et les sociétés canadienne et québécoise le sont, peut s’accommoder de quelques symboles nouveaux issus d’une immigration culturelle enrichissante. Et elle le fait. Mais les Canadiens français et le Québec sont minoritaires au sein du Canada, et l’histoire nous enseigne les haines que le Canada anglais leur a témoignées et leur professe encore quoique de manière plus douce et plus sournoise. Ainsi s’inscrit sans relâche le « Québec bashing » dont se rehaussent de petits esprits ; et l’anglais est particulièrement un « culture and language killer ». Dans un tel contexte, le dialogue qu’aura entrepris le Québec sur le thème du multiculturalisme et des valeurs communes aura été et sera encore le prétexte de plus de « Québec bashing » et de pressions à l’assimilation de moult Canadiens français de l’Ouest canadien.

En fait, ce ne sont pas les signes extérieurs1 qu’il faut craindre, mais les attitudes et les intentions de personnes qui les portent ou qui contraignent à les porter comme marque d’autorité ou de subordination… et qui nouvellement arrivées, avant même de s’intégrer et de s’instruire des us et coutumes, revendiquent et font la propagande d’idéologies émanant d’un certain intégrisme porteur de malheurs dans d’autres pays. Ces revendicateurs transposent alors par des attitudes et des discours intransigeants et irrespectueux — là de la dignité de la femme, là de l’égalité entre les hommes et les femmes, là de la liberté démocratique, là des appels à des actions belliqueuses envers le Canada et ses lois fondamentales, etc. — des haines ou des luttes que la vaste majorité des immigrants de confession musulmane auront fuies pour trouver ici un climat de liberté et de tolérance, au sein d’un pays qui les invite à contribuer à sa vitalité. Personne ne veut de ces luttes idéologiques ni de provocations sous forme d’accusations d’intolérance ou d’islamophobie. Les Canadiens et les Québécois ne veulent pas de ces provocateurs qui abusent de l’accueil et de la liberté démocratique et civile. La condition préalable à l’inclusion aux sociétés démocratiques passe par le respect du patrimoine, des traditions, des valeurs communes, des lois fondamentales et de l’esprit de ces lois. En particulier, la culture canadienne communique à visage découvert, l’expression faciale se donne en lecture ouverte, même en visage tatoué dans la culture inuite. Le message facial est net, sans masque.

En dépit de certains discours provocateurs, le problème n’est pas avec l’Islam, mais avec des islamistes intégristes alimentant un climat promouvant certaines mouvances idéologiques contraires aux valeurs canadiennes. La communauté musulmane aurait avantage à réitérer à ces quelques-uns les valeurs et les attitudes positives d’intégration avant que le débonnaire Canada ne ferme ses portes ouvertes2.

Ainsi, les signes (religieux) ne doivent pas être interdits ou contraints outre mesure, et les signes de la tradition et du patrimoine religieux de la société canadienne-française doivent retrouver leur place naturelle et normale, selon l’ordre des choses, au sein d’un système social cohésif. Ce sont les attitudes de non-intégration à la langue française, aux traditions, à la culture religieuse patrimoniale qu’il faut écarter. Des pratiques de recrutement et d’intégration en matière d’immigration devraient clairement le faire valoir.

Au lieu de risquer des dérapages que nous ne pourrions contrôler autour de ce brouhaha de notions évolutives qui ne sauraient être arrêtées dans un document restrictif que l’on nommerait Charte, il vaudrait mieux reconnaître que : 1. ce problème est propre à la région métropolitaine de Montréal où bon an mal an plus de 85 % des immigrants s’établissent ; 2. le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) aurait dû depuis longtemps réorganiser son travail de recrutement par une intégration positive des nouveaux arrivants.

On aura certes établi certaines pratiques plus éclairées (dont l’initiative de l’ancienne ministre Yolande James de faire signer une lettre d’engagement), mais tout du site du MICC ressemble trop à une réclame d’une agence de voyage.

En définitive

Une manière pragmatique de procéder en amont d’une situation permet d’éviter d’ouvrir une boîte de Pandore, d’initier des chicanes et de risquer un glissement vers des procédures légalistes épuisantes. Cela acquis, la société serait en droit d’espérer un Pax vobiscum.

  1. Voir A. Charkaoui, La Presse, 6 septembre 2013 et les titres des journaux de Toronto : violence de gangs raciale, crimes d’honneur, etc. (À terme, Toronto semblerait couver une situation explosive.)
  2. Fraser Institute, The Effects of Mass Immigration, Immigration levels and threat to Canadian Security, 2009, www.fraserinstitute.org.
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