Actualité

La question existentielle

Par Marc Simard le 2013/09
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La question existentielle

Par Marc Simard le 2013/09

La philosophie est l’art de penser, de se poser des questions. Il y a évidemment un temps pour agir, mais il doit y avoir, en amont, un temps pour réfléchir. Qui sommes-nous? D’où venons-nous? Où allons-nous? Chose certaine, au train où vont les choses dans nos sociétés, sur notre planète, cette dernière question ne se posera peut-être pas longtemps… Où va le monde? C’est la question que nous avons posée à nos collaborateurs pour cette édition du Mouton Noir. D’un point de vue strictement environnemental, c’est la débandade. Les exemples sont nombreux. La tragédie de Lac-Mégantic n’est-elle en pas partie attribuable, à notre dépendance au pétrole? Et voilà qu’un oléoduc pourrait traverser notre région, le Kamouraska notamment. La pollution engendrée par le pétrole est à un niveau critique. Au moment d’écrire ces lignes, la nouvelle d’un déversement de 450 mille litres de mazout lourd à Sept-Îles venait de tomber. Plus de 5 000 litres se sont retrouvés dans l’eau de la baie. Que pouvons-nous faire? Se sortir de l’âge du pétrole exige une volonté politique mais surtout un changement de cap économique. Les citoyens sont-ils prêts à se passer de leur voiture?

Et que dire de la corruption qui mine carrément la crédibilité de la classes politique; des syndicats qui pourtant devraient veiller à défendre les travailleurs avec un système de valeurs basé sur l’éthique. Où va le monde quand la religion est un prétexte à l’assouvissement des femmes et à la guerre? Le plus ironique c’est que les dirigeants sont passé maître dans l’art de nous convaincre que c’est au nom de la démocratie et des droits humain qu’ils se battent, qu’ils partent en guerre. Le mot démocratie est utilisé à tellement d’escients qu’il perd sa valeur. La valeur ne se compte maintenant qu’en dollars. Tout se paie, tout s’échange, tout se transige et surtout, tout s’achète, même les valeurs….

Il n’est pas surprenant de constater une désillusion collective. On baisse les bras. On ne croit qu’aux choses tangibles, qu’à ce qui meuble notre quotidien. Pourquoi investir du temps et de l’énergie à tenter d’améliorer le monde des autres quand on a simplement besoin d’une petite maison, d’un boulot qu’on aime, d’une voiture, de vacances annuelles et de la dernière série télévisée américaine?

Les intentions sont louables, certains sont révoltés mais les actions demeurent discrètes, voire marginales.

Par contre, il faut admettre que lorsqu’une population se mobilise et sort dans la rue, comme en Afrique ou au Moyen-Orient, le geste est impressionnant. Mais aller jusqu’à mourir pour ses idées, pour un monde meilleur, c’est peut-être plus facile quand on crève de faim… De tout temps des populations ont pris les armes pour déloger les tyrans. Mais aujourd’hui, on constate une volonté commune qui dépasse les frontières. Un appel à la démocratie peu importent les conséquences. Ça ne peut pas être pire que de vivre sous le joug d’une élite qui ignorent les conditions de vie de ses propres citoyens.

Ici, on s’indigne de plus en plus, on manifeste quelquefois, mais rien ne semble ébranler la classe politique. Démocratie? Serions-nous des privilégiés qui se plaignent le ventre plein? Allons-nous laisser nos élus nous affamer de plus en plus, nous noyer dans le pétrole, couper dans des programmes d’aide au détriment des plus pauvres, permettre à des entreprises étrangères de fouiller nos sols et s’enfuir avec les bénéfices? Devrons-nous, nous aussi, mourir pour nos idéaux, pour notre survie. Paradoxal non?

Le conte est bon

Où va le monde? Cette question, nous l’avons aussi posée à Fred Pellerin. Malgré son imagination à tout rompre, le conteur lucide et engagé semble croire qu’il est difficile d’ignorer cette fin du monde annoncée. Mais il ne jette pas la serviette : il faut rêver un monde, il faut s’adapter et repenser les grands principes qui régissent nos sociétés depuis des siècles. À ce chapitre, il faut bien connaître notre histoire, nos histoires pour éviter de reproduire nos erreurs certes, mais aussi pour mettre à profit les succès de nos pères. N’y a-t-il pas eu de nombreuses manifestations populaires dans le passé qui ont changé le monde? N’y a-t-il pas eu des catastrophes évitées par la volonté des citoyens engagés? C’est donc possible. La loi du nombre peut battre celle du plus fort…

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