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Vol XXIV No 5, mai-juin 2019, Plein feu sur le KRTB

D’un bout à l’autre du country

Entrevue avec Jane Ehrhardt

D’un bout à l’autre du country

7 juillet 2013 par 

« Quand je suis arrivée au Québec au début des années 2000, j’ai rencontré du monde qui ne savait même pas qu’on parlait français dans les Maritimes ou qui pensaient que les Acadiens parlaient juste mal et qu’ils n’étaient pas intéressants. » Photo : Maxime Wehinger

Mouton NOIR – Comment décririez-vous vos chansons ? Jane Ehrhardt – J’ai toujours un peu de misère à décrire ce que je fais car ça peut varier beaucoup d’une chanson à l’autre. Il y a certainement un fond de folk, mais des fois c’est plus rock, plus country, voire plus soul ou blues. Les gens me disent que mes chansons sont accrocheuses. Je pense que c’est de la musique qui dégage des émotions fortes, souvent mélancoliques et il y aussi un côté spirituel. M.N. – Quelles sont vos références, vos coups de cœur musicaux ? J.E. – Leonard Cohen et Tom Waits sont des références. J’adore aussi Patti Smith et Nina Simone, qui sont des inspirations pour moi. Je suis aussi fan des Beatles et de leurs projets solos. L’auteur-compositeur Townes Van Zandt est un coup de cœur ainsi que les sœurs McGarrigle. J’ai la chance de connaître et d’avoir joué avec deux artistes canadiens qui sont méconnus mais que je considère comme des grands : le chanteur country Petunia ainsi que l’auteur-compositeur Al Tuck. J’adore aussi la musique d’Olenka and the Autumn Lovers, le groupe avec qui je vais jouer au Bic. Du côté francophone, j’aime beaucoup Keith Kouna, Jean Leloup, Avec pas d’casque, Les Colocs, Richard Desjardins, Édith Piaf et Georges Brassens, bien sûr. M.N. – Que pensez-vous du récent engouement du Québec pour les chanteuses acadiennes à saveur country ? Est-ce une mode ? J.E. – Je ne pense pas que ce soit « une mode ». Internet donne une chance aux artistes de partout de se faire entendre. Culturellement, ça ne se passe plus juste dans des grands centres comme Montréal, Paris ou Hollywood. J’ai remarqué que de plus en plus, les Québécois s’intéressent à ce qui se passe en Acadie en général. Quand je suis arrivée au Québec au début des années 2000, j’ai rencontré du monde qui ne savait même pas qu’on parlait français dans les Maritimes ou qui pensaient que les Acadiens parlaient juste mal et qu’ils n’étaient pas intéressants. Maintenant ça a changé, on voit plus la richesse culturelle qu’ils peuvent apporter au sein de la francophonie. Et pour la musique country, ça a commencé à revenir à la mode au début des années 2000 avec des groupes comme The Be Good Tanyas et la trame sonore du film O, Brother, Where Art Thou ? Ça fait donc quasiment 15 ans que cet engouement est revenu et je ne pense pas que ça va partir sitôt ! M.N. – Chanter en anglais ou en français, est-ce un choix difficile ? J.E. – Pour bien chanter dans une langue comme une autre il faut la maîtriser. Le choix le plus naturel est donc de chanter dans sa langue maternelle. C’est pour ça que je chante principalement en anglais. Cependant, je suis arrivée à un niveau de maîtrise du français assez élevé pour m’aventurer à écrire et à chanter en français, mais ça m’a pris du temps avant d’en arriver là : j’ai commencé à apprendre le français quand j’avais six ans ! Jane Ehrhardt sera en spectacle avec Olenka and the Automn Lovers au Bic, au bar le Villageois, le 26 juillet prochain.
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