André Frappier amorce la campagne électorale

Le président de Québec solidaire en tournée au Bas-Saint-Laurent

André Frappier amorce la campagne électorale

25 mai 2013 par 

André Frappier, président de Québec solidaire - Photo : Louis-Philippe Cusson

Moins de six mois après l’élection d’un gouvernement péquiste minoritaire, Québec solidaire repart sur le sentier de la guerre. « Nous ne nous cachons pas, nous devons sonder l’électorat le plus tôt possible », lance le président de la formation politique, André Frappier, qui était en tournée dans le Bas-Saint-Laurent en mars dernier.

Des constats frappants

Conscient du mécontentement généralisé des Québécois envers le gouvernement de Pauline Marois, André Frappier clame à qui veut l’entendre que « les péquistes ont réussi à devenir aussi impopulaires en six mois que le Parti libéral en dix ans de pouvoir ». C’est pourquoi la machine politique souhaite connaître maintenant l’opinion des gens de la région sur différents dossiers clefs. Le discours n’est pas nouveau, des idées déjà mâchées et digérées maintes fois. Cette fois-ci, par contre, Québec solidaire mise sur les régions. Au scrutin de septembre 2012, c’est dans les grands centres que la plupart des électeurs ont placé leur confiance en l’équipe de Françoise David et Amir Khadir. D’ailleurs, les deux seuls députés élus de la formation l’ont été dans la région métropolitaine. Au total, Québec solidaire a recueilli 263 000 votes sur les quatre millions de suffrages exprimés. La presque totalité de ces votes sont allés aux deux porte-parole de la formation. Dans les régions, Québec solidaire a fait chou blanc. Pourtant, ses politiques sociales et rassembleuses auraient dû trouver écho dans les populations éprouvées par l’hégémonie des politiques dictées par les besoins des citoyens du sud-ouest de la province.

« Dans le Bas-Saint-Laurent, la foresterie doit reprendre ses droits. Mais il ne faut pas faire les choses n’importe comment. » – André Frappier

Septembre 2012

L’éducation gratuite, la protection des ressources naturelles et l’indépendance du Québec ont figuré en tête de liste des priorités de Québec solidaire au cours de la campagne électorale de l’été 2012. Fort de l’expérience du printemps érable, la formation politique persiste et signe, et poursuit sa bataille en faveur de la gratuité scolaire. André Frappier tire à boulets rouges sur la première ministre Pauline Marois qui, dit-il, « a manifesté avec les étudiants en affirmant comprendre toutes leurs doléances et est revenue sur ses positions une fois élue ». Le président de QS va plus loin. « Il est temps d’écouter les gens qui sont sans voix. Ces personnes, ce sont les travailleurs mais surtout les moins nantis qui habitent les régions éloignées des grands centres et des lieux de décisions. Les citoyens seront heureux quand ils auront du travail. »

Développer l’emploi

« Dans le Bas-Saint-Laurent, la foresterie doit reprendre ses droits. Mais il ne faut pas faire les choses n’importe comment. » Ce commentaire trouve écho dans la région puisque le tout nouveau régime forestier du gouvernement Marois ne fait pas que des heureux. Loin de là même. Mais qu’importe les visées de la ministre des Ressources naturelles, dit André Frappier, la cible ne sera jamais atteinte si on la dispose au mauvais endroit : « Il faut d’abord respecter la forêt. » Pour ce faire, il faut investir dans la sylviculture, inciter les constructeurs à favoriser le bois, redonner aux producteurs les redevances qu’ils méritent.

Par ailleurs, Québec solidaire estime que la réforme du régime d’aide sociale de la ministre Agnès Maltais va à l’encontre des principes même d’une société qui veut favoriser le retour au travail de ses citoyens. Au contraire, et malgré ce que martèle la ministre, Québec va fragiliser une catégorie de travailleurs potentiels en leur donnant des outils et des formations mal adaptés à la réalité.

Pour André Frappier, une des façons de créer de l’emploi dans les régions serait de décentraliserla fonction publique : « Pourquoi toujours avoir recours au secteur privé ? Développons les expertises publiques et misons sur les compétences des travailleurs éloignés des grands centres. »

Utilisateur-payeur

Le président de Québec solidaire s’explique mal ce qui s’est passé au récent sommet sur l’éducation qui s’est tenu en février. Pour lui, il est temps d’arrêter de jouer avec les mots. Comme les autres partis politiques, Québec solidaire a critiqué les prises de position de Pauline Marois : « Un gel, une indexation, un gel indexé. Il faut parler des vraies choses, le Québec doit offrir la gratuité scolaire, rien de moins. » Monsieur Frappier va plus loin en réclamant la fin du régime d’utilisateur-payeur, non seulement en éducation, mais en santé aussi. Encore là, le recours au secteur privé semble une voie à éviter.

Et l’indépendance dans tout ça ?

Le président de Québec solidaire, André Frappier entouré des militants de la circonscription de Matane-Matapédia- Mitis. Photo : Louis-Philippe Cusson

La position de Québec solidaire sur la souveraineté du Québec est connue. La formation politique veut construire un pays pour protéger la langue et la culture québécoise. Rien de nouveau sous le soleil. André Frappier propose encore la mise sur pied d’une assemblée constituante pour mobiliser la population autour d’un projet de constitution : « Coucher sur papier nos valeurs fondamentales et nos institutions démocratiques, voilà un projet positif ! » Un référendum suivrait pour que le peuple se prononce sur cette constitution et sur l’avenir politique du Québec. « Le PQ semble avoir oublié ses origines, la souveraineté n’est plus à l’ordre du jour », conclut le président de Québec solidaire.

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