L’Océanic : l’équipe de toute une légion ?

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L’Océanic : l’équipe de toute une légion ?

21 janvier 2013 par 

Je m’étais procuré des billets pour assister à la dernière rencontre opposant les Remparts de Québec et notre club local. J’étais accompagné de mon fils de 10 ans ainsi que d’un de ses amis, tous deux fiers partisans. C’est avec stupéfaction qu’arrivé sur les lieux, j’ai constaté que des soldats avaient investi l’entrée du Colisée avec leurs sacs de sable en guise de tranchées, leurs filets de camouflage et tout l’attirail de circonstance. Sommes-nous menacés d’une attaque imminente me suis-je dit ? De dangereux terroristes ont-ils pris en otage l’entraîneur Patrick Roy ? Même la mascotte Louki avait pris du galon, vêtue d’une veste paramilitaire kaki. Ne lui manquait qu’un lance-roquettes ! Lorsque j’ai aperçu les kiosques de la Royal Navy disposés dans le hall ainsi que les questions quizz affichées sur le tableau indicateur tout au long du match, cela ne laissait aucune place à l’équivoque quant à l’objectif de recrutement visé.

Des exemples ? « Vrai ou Faux : les droits de scolarité des réservistes sont remboursés par les Forces armées », « Quel est le salaire journalier d’un milicien ? », « Un réserviste est-il obligé d’être mobilisé pour une mission à l’étranger ? » Les questions méritant d’être soulevées à ce moment auraient pourtant dû être les suivantes : combien y’a-t-il eu de jeunes vies fauchées inutilement depuis le début de la mission canadienne en Afghanistan (sans compter les pertes civiles) ? Combien de militaires reviennent des zones de guerre avec de lourdes séquelles post-traumatiques ? Combien coûtera aux contribuables l’achat des avions de chasse F-35 alors que des besoins criants se font sentir partout au pays (25 milliards) ? Et surtout, pourquoi cette insistance à mettre en valeur une « culture militaire » comme idéal social au détriment des arts, des sciences (voir l’éventuelle fermeture de la bibliothèque de l’IML), de la santé, de l’éducation, de l’environnement, etc. ?

Je m’indigne et m’interroge sérieusement lorsque je constate qu’une organisation de hockey de prestige donne son aval à cette mentalité et offre ainsi notre jeunesse en pâture à cette opération de propagande va-t-en-guerre dont Stephen Harper serait sans doute très fier. La direction du club devrait pourtant savoir que lorsqu’on associe des symboles forts comme le sport et le patriotisme militaire, on s’avance en terrain dangereusement miné. En terminant, si le plan marketing de l’Océanic avait pour finalité de regarnir les gradins afin de « supporter nos troupes », on devra sans doute réajuster le tir. Dommage, car le spectacle était de qualité et l’équipe locale l’a remporté sans recourir… à la fusillade !

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