Comme un tintement dans le blanc de l’hiver

Arts visuels

Comme un tintement dans le blanc de l’hiver

21 janvier 2013 par 

Photo: Rodolfo Moraga

Alors que la neige et le froid transforment lentement les espaces où nous évoluons, l’exposition Sonates pour paysages, présentée au centre d’artistes Caravansérail jusqu’au 25 janvier 2013, résonne comme un écho de ces paysages d’hiver qui nous tissent. Le jardin de céramique cristallin d’Amélie Proulx répond aux fines lignes géomorphologiques de Joani Tremblay, qui introduisent à leur tour les arêtes et les motifs texturés des sculptures-glaciers de Julie Simoneau. L’ensemble participe à une même poésie translucide sur fond blanc, malgré un plancher où le vert détonne légèrement. On imagine d’ailleurs que le plancher du centre d’artistes, dans le très attendu « Nouveau Paradis », aura une teinte plus neutre… Cette Sonate pour paysages reste une belle composition où les œuvres de trois artistes se répondent sans s’être pressenties, puisque chacune d’elle a travaillé isolément. Cette exposition, dont le commissariat a été confié à Émilie Rondeau, une artiste de la région qui connaissait bien le travail de deux de ces artistes, participe à un certain courant de réactualisation de techniques et de savoir-faire traditionnels en art actuel. Celà n’est pas sans rappeller quelques expositions présentées récemment par Caravansérail. On pense notamment au travail d’Isabelle Demers, plus tôt cette année, qui se réappropriait la pyrogravure et la taxidermie, ou à celui de Sarah Bertrand-Hamel, en 2011, où se croisaient la courtepointe et l’impression numérique. Cette intégration prend ici plusieurs formes : la céramique donne à ce parterre de fleurs un aspect vitrifié et une sonorité délicate qui rend la traversée fragile et privilégiée pour le visiteur. Les glaciers de Julie Simoneau sont habités ou habitables, on y perçoit des éléments d’ébénisterie et d’architecture. Les lignes de Joanie Tremblay confrontent le tracé à l’encre et la broderie, rappellant les gestes répétés des brodeuses alignant des milliers de lignes successives. Une installation interactive, subtile et fine comme de la poudreuse dans le vent rimouskois, à voir et à entendre entre deux bordées de neige.
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