Aux pelleteux de nuages

Aux pelleteux de nuages

20 juin 2012 par 
Je suis venue en amour dans ce pays qui n’est pas un pays. Je suis venue dans ce pays qui n’est pas que l’hiver, où les nuages se ramassent à la pelle et les souvenirs sans regrets aussi, tout, ensemble, accroché aux cœurs et aux cris, dans ce pays de révolution tranquille qui sait ce que se révolter veut dire. Ce pays d’hommes de courage, de déplaceurs  de montagnes, a ajouté les nuits sonores aux mensonges du jour, pour dire l’irresponsable, l’irréparable, l’injuste, le gâchis. Il a montré sa force vive et incommensurable pour dire le vrai, le fort, le Nous. Et fort ils l’ont gueulé à la face du monde, offrant leur cœur rougi comme un soleil couchant, et les voix du levant de toutes les aurores, debout face au mépris, au pouvoir, au mensonge. Les nuages à la pelle s’accumulaient sur ces petits, ces soi-disant gâtés d’une génération qu’on croyait pouvoir balayer d’un revers de la main. Et l’incroyable est né; toujours plus fortes, les voix s’ajoutent aux voix et les nuages bien pelletés ont fait monter l’orage. Et l’orage a grondé, Écoutez braves gens, l’orage gronde encore ! Sans épuisement un Peuple marche, dans le grand tintamarre, il grandit, en bruit de ferraille frappée comme les esprits pour réveiller leur terre, pour la liberté, l’espoir de l’équité. Les nuages d’un énième jour, poussés par tant de souffles unis, laisseront découvrir ce que ces enfants ont bâti, instruit, malgré la peur, malgré la haine, dans la clameur, UN PAYS. Donnez-moi une pelle! Je veux des nuages à rêver, des cieux rouges à construire, un pays à forger dans la rougeur brûlante, en fracas politique, en tintamarre ludique, en clameurs poétiques, en révolte impudique. Gens du Pays, c’est votre tour de parler vrai au long des jours. Enfants du Québec unis continuez de pelleter la beauté, l’intelligence et la passion. Vous êtes façonneurs  d’avenir.
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