Champ libre

[REPORTAGE PHOTO] Rencontres de Musiques Spontanées

Par Christopher Fast le 2011/11
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Champ libre

[REPORTAGE PHOTO] Rencontres de Musiques Spontanées

Par Christopher Fast le 2011/11

La 13e édition des Rencontres de Musiques Spontanées (RMS) s’est déroulée du 28 septembre au 8 octobre 2011 à Rimouski. Ce festival a lieu deux fois par année depuis maintenant sept ans. Les RMS donnent aux groupes et aux musiciens un endroit pour faire entendre leur musique de «composition libre». Six groupes ont participé à la dernière édition du festival qui se déroulait sur cinq jours. Ces performances comprenaient différents types de musique improvisée ainsi que de la danse.

La musique de «composition libre» qui a été jouée lors de cet événement est très différente de ce qui est proposé habituellement lors de spectacles musicaux. Les compositions  ne suivaient pas de partitions « traditionnelles » et pouvaient être influencées par le lieu, la foule ou le jeu des autres musiciens. Les participants étaient libres de jouer ce qu’ils voulaient tout en respectant le concept musical central de la pièce. Prenons par exemple Fire de Fred Frith (voir photo) qui a été joué vendredi par le Grand groupe régional d’improvisation libre (GGRIL) . Cette pièce a commencé par un fortissimo pour se terminer dans une atmosphère douce et paisible où même le fait de frotter une corde sur une basse constituait un son approprié. Pour jouer ce morceau comme bien d’autres pièces de musiques spontanées, il n’y a aucune règle concernant les notes à jouer. La plupart des musiciens ne sont donc pas tenus de jouer dans les mêmes clés, les mêmes rythmes, la même force ni dans la même intonation. À mesure que la pièce avance, ils peuvent décider de se répondre de manière percussive, mélodique ou vocale.

Les différentes expériences sonores mises en avant dans ces événements sont une mine d’or de découvertes musicales inspirantes. Ainsi, l’utilisation de l’espace physique pour influencer la création musicale a été un concept exploré par le GGRIL dans leur pièce d’ouverture du spectacle de vendredi. C’est un concept qui n’est presque jamais utilisé dans les différents spectacles et qui pourrait l’être beaucoup plus.  Aussi, les différentes façons de jouer d’un instrument permettaient d’ajouter des effets intéressants. Par exemple, fixer un clip sur une corde de basse électrique pour lui donner un son de crépitement ou gratter la peau d’un tambour avec une cymbale pour obtenir un effet métallique nasillard. Ces nouvelles sonorités peuvent déranger l’oreille des gens qui, pour la plupart, ne sont pas habitués à ce genre de musique. Pourtant, ces sons pourraient ajouter des effets novateurs à la musique d’un artiste ou à la musique de film.

Raphaël Arseneault, violoniste dans le GGRIL, explique pourquoi il joue de la musique spontanée. « Ce que j’aime dans la musique spontanée, c’est que tout se joue dans le moment présent. L’instant est toujours rempli d’informations et j’aime le fait que l‘on peut jouer des sons avec l’environnement. Par exemple, s’il y avait un défilé qui passait à l’extérieur ou une alarme qui partait, on pourrait jouer avec ces sons et en faire une partie de la création. […] Vous n’avez pas besoin de prouver quoi que ce soit. C’est comme une expérience, donc si ça ne marche pas, c’est pas grave. C’est plus relaxant dans ce sens. »

La musique improvisée est un style musical qui gagne du terrain. Quelques groupes de Rimouski comme le GGRIL ont fait un travail avec des musiciens connus dans le monde entier. Entre autres, la percussionniste Danielle P. Roger a écrit trois pièces pour représenter les trois navires de Christophe Colomb  débarquant en Amérique du Nord . L’une de ces pièces a été jouée par le GGRIL et les deux autres par des ensembles de Montréal. Aussi, la contrebassiste Joëlle Léandre est venue au festival cette année pour donner des ateliers avec le percussionniste français Lê Quan Ninh. Raphaël pense aussi que le GGRIL commence à affiner son processus de création après leurs cinq années passées ensemble.  « Je pense qu’il y a une énorme différence par rapport à ce que nous faisions avant -quand nous étions à expérimenter, s’amuser et faire du bruit- et à ce qui se passe en ce moment, où nous essayons d’être plus organisés et sensés. » Enfin, les scènes de musiques spontanées  sont en plein essor dans l’Ouest canadien et en Europe.

Reportage photo réalisé par Christopher Fast sur le concert du GGRIL qui s’est déroulé le vendredi 7 octobre 2011 à Caravansérail dans le cadre de la 13e édition des Rencontres de Musiques Spontanées (RMS).

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