Chercher son ours, Alan Côté

Chercher son ours, Alan Côté

4 mai 2011 par 

On l’attendait depuis longtemps, ce premier disque d’Alan Côté, fondateur et directeur artistique du Festival en chanson de Petite-Vallée. Lui, probablement encore plus que nous. On l’aurait pris beaucoup plus tôt, mais en bout de ligne, on n’a rien perdu pour attendre : Chercher son ours est un très bel album. La légende veut que ce soit le guitariste Rick Haworth, co-réalisateur de cet opus, qui aurait dit à Alan Côté qu’il n’avait pas le droit de garder ses chansons pour lui. Je n’en crois rien ; Alan savait bien que ses chansons, qu’il tenait au chaud depuis longtemps dans sa besace, étaient promises à plus que les nombreuses interprétations qu’il en faisait chez des chums, au Café de la Vieille Forge de son village en chanson ou dans les chambres d’hôtel où il loge, lors des nombreuses rencontres de diffuseurs de spectacles. Je me sens aujourd’hui aussi privilégié d’entendre ces chansons toutes habillées, fort bien en plus, que je l’ai été de les entendre en version solo, voix-guitare acoustique, autour d’une ou quatre bières.

Si Alan Côté a privilégié son travail de développeur de la chanson au Québec, pour le plus grand bien de celle-ci, au détriment d’une carrière d’auteur-compositeur-interprète, les innombrables contacts qu’il a développés avec son plus petit des grands festivals de chansons lui ont permis de fort bien s’entourer pour la gestation et l’accouchement de son premier disque. Ainsi, en plus du Flybin Band – le susnommé Haworth, le batteur Sylvain Clavette et le bassiste Mario Legaré – on retrouve, sur Chercher son ours, ses deux filles, Jeanne et Mathilde, sa blonde Danielle, sa sœur, ses amis des Chanteurs du Village, Marie-Pierre Arthur et son frère Jean-Sébastien, dit Tibasse, eux aussi de Petite-Vallée, Louis-Jean Cormier de Karkwa, cousin d’Alan, Charles Papasoff, Pierre Flynn, Biä et Michel Rivard. Vous avez dit plogué? Mais soyez-en sûr, tout le monde a plongé avec Alan de gaieté de cœur!

Les chansons d’Alan Côté sont poétiques, chaudes, intimistes. Il chante sur de grands artistes : le chorégraphe Jean-Pierre Perreault, qui l’a flabbergasté avec son œuvre Joe, un lointain soir de Beaux Dimanches ; Pauline Julien, Sylvain Lelièvre, avec qui il préparait quelque chose de grand pour Petite-Vallée quand, de retour des Îles-de-la-Madeleine, celui-ci a pris son dernier envol. Il chante aussi l’hiver (désolé d’en parler à ce temps-ci!) et les gens de chez lui. Dans ma préférée, Elle aime, Alan nous présente sa vieille voisine, Flora, qui aime l’odeur du salin, les foulards à pois, les carottes en dés, mais, par-dessus tout, un sourire, un regard.

Simple, beau et bien fait. Pour votre bon plaisir, prenez le temps de chercher vous aussi votre ours et de vous laisser conquérir par les chansons d’Alan Côté.

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