Chronique contemporaine de morsures à vif (mars-avril 2011)

Chronique contemporaine de morsures à vif (mars-avril 2011)

15 mars 2011 par 

Sports et Finance

Je suis tout à fait favorable à ce que le gouvernement fédéral investisse plusieurs millions dans le projet d’amphithéâtre sportif à Québec. Ainsi, les provinces de l’Ouest en voudront aux conservateurs et voteront contre eux aux prochaines élections.

Sports et Finance

Je suis tout à fait opposé à ce que le gouvernement fédéral investisse plusieurs millions dans le projet d’amphithéâtre sportif à Québec. Ainsi, les résidants de Québec et ses banlieues en voudront aux conservateurs et voteront contre eux aux prochaines élections.

Politique fédérale versus Arts et Culture

C’est barbant de refrapper sur le même clou, barbant d’écrire et de lire sur les mêmes personnages. Voici bien l’un des effets pervers d’avoir au-dessus de nos têtes un gouvernement fédéral réactionnaire, affairiste et réfractaire aux arts et à la culture.

Dans leur croisade contre cette dangereuse jungle culturelle qui a l’insupportable défaut d’éduquer, de divertir et d’embellir la vie des Canadiens, les conservateurs de Stephen Harper tentent de faire adopter le projet de loi C-32, qui apporterait des changements substantiels à la Loi sur le droit d’auteur. Les conservateurs arguent qu’ils dépoussièrent une vieille loi pour l’améliorer. Mais qui croira que ces tristes sires pourraient moderniser quoi que ce soit, surtout quand cela concerne les arts et la culture? Leur parcours – déjà cinq ans au pouvoir – est jonché de coups bas aux artistes et aux organismes culturels.

Est-il utile de rappeler que le livre préféré de Stephen Harper est le Livre des records Guinness? Ça en dit long sur ses intérêts et sa culture personnelle…

S’il est adopté, le projet de loi C-32 priverait les artistes d’une partie de leurs droits d’auteurs en permettant la reproduction sans limites et sous diverses formes de leurs œuvres, qu’elles soient littéraires, dramatiques, musicales ou visuelles. Ce projet de loi fait l’objet d’une grande campagne d’obstruction menée par les associations d’artistes et d’écrivains, les éditeurs, les librairies, tandis qu’il reçoit les éloges de la Fédération des chambres de commerces du Québec et du Conseil canadien du commerce de détail. C’est tout dire!

La nouvelle loi viendrait, entre autres choses, libérer les grands fournisseurs de services Internet de toute responsabilité financière en cas de piratage par leurs utilisateurs. Comme si l’appétit des Quebecor, Bell, Telus et Rogers n’était pas déjà suffisamment gargantuesque, voilà que le gouvernement veut leur en rajouter dans l’écuelle – ici, je résiste furieusement à l’envie d’écrire l’auge. Au détriment des artistes, en plus.

Sournoisement, on drape le projet de loi dans de fausses vertus éducatives, en voulant permettre aux maisons d’enseignement de reproduire, sans rémunération pour les auteurs, des ouvrages littéraires ou des œuvres présentes sur Internet. Pendant ce temps, les professeurs essaient de contrer le plagiat chez leurs étudiants…

Les changements promus par le projet de loi C-32 introduiraient une dévalorisation du contenu des œuvres d’artistes qui pourrait s’installer à demeure dans les mentalités, ce qui n’est pas pour déplaire aux conservateurs.

Autre exemple de ce que permettrait ce projet de loi : un quidam pourrait, sans restrictions ni droits à verser, mettre en ligne sur Youtube une nouvelle « œuvre », montée avec des séquences réalisées par d’autres artistes et agrémentée de musiques composées par d’autres créateurs. Rien que d’évoquer cette possibilité, c’est montrer un irrespect total envers les artistes et surtout une incompréhension crasse de la notion de créer.

Mais est-ce que ce mépris ou, plus souvent qu’autrement, cette incompréhension et ce manque de reconnaissance du travail réel des artistes sont exclusifs aux conservateurs et autres esprits obtus de notre société? Non, et c’est là que le bât blesse.

Même dans une ville comme Rimouski, qui se pavane avec son titre de capitale régionale, il se trouve des élus pour contester la Loi sur le statut de l’artiste en s’opposant, bec et ongles, à ce que la Ville verse des droits aux artistes professionnels qui exposent dans des lieux publics lui appartenant.

Les artistes dispensent des services culturels comme les professeurs dispensent des services d’éducation et les médecins et infirmières des services de santé. La grande différence : les premiers reçoivent des subventions, irrégulières, à demander et à redemander, sans retraite dorée à l’horizon, alors que les seconds reçoivent des salaires, réguliers et agrémentés d’avantages sociaux. Et, s’il y a des gens qui travaillent dans des musées, des bibliothèques, des salles de spectacle, ou même… au ministère de la Culture ou à Patrimoine canadien, c’est qu’il y a, à la base, ceux qui sont les moins rémunérés, les artistes qui créent.

Un homme et son camion

Le très sympathique Joseph-Aimé Belzile, dit Jos, ancien chef des pompiers de Rimouski, est décédé à l’âge de 96 ans. Il faisait toujours bon le voir sur l’antique camion de pompier de la Ville de Rimouski, qui doit être tout juste un peu plus jeune que lui.

Curieux tout de même de penser qu’on parlera désormais de cet ancien pompier en disant « Feu Jos Belzile »

Sans mettre en doute le type de vie qu’il a mené, parions tout de même qu’il aurait aimé aller faire son tour en enfer, avec son vieux camion et sa lance d’incendie!

Mes chaleureux hommages, m’sieur Jos.

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