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Vol XXIV No 5, mai-juin 2019, Plein feu sur le KRTB

Il était encore une fois…

Il était encore une fois…

14 octobre 2010 par 

Robert Louis Stevenson fut à la fin du XVIIIe siècle un brillant auteur de romans populaires qui remporta un immense succès. Certaines parmi ses œuvres sont passées à la postérité. Qui ne connaît pas Docteur Jeckyll et Mister Hyde, un des premiers et des meilleurs récits de science-fiction jamais écrits, toutes époques confondues? Et vous qui connaissez sans doute L’Île au trésor, le chef-d’œuvre du roman d’aventures et d’anticipation, ne souhaiteriez-vous pas replonger dans ces récits palpitants de péripéties? Et pourquoi pas les retrouver sous la forme de BD!

Oui, la bande dessinée démontre son efficacité sur ce terrain qu’elle s’est approprié et qu’elle a exploité. Ces dernières décennies, pas mieux que la BD pour revitaliser les genres western, science-fiction, fantastique et même biographique. L’adaptation à la BD de grands romans d’aventure est aujourd’hui monnaie courante. Cela va de Robinson Crusoé de Daniel Defoe à Candide de Voltaire, en passant par L’Île au trésor déjà évoquée.

Mais existe autre chose que l’adaptation! Le scénariste de bandes dessinées Xavier Dorison (Le Troisième testament, Prophet, Sanctuaire) a imaginé une suite où le flibustier de L’Île au trésor, Long John Silver, le dur à cuire, le marin à la jambe de bois, l’archétype du pirate qui a tant hanté l’imagination du lecteur lèverait l’ancre une autre fois pour connaître de nouvelles et fabuleuses aventures. Ce retour donne lieu à une série BD en quatre tomes magistralement dessinés par Mathieu Lauffray (Prophet, Le Serment de l’Ambre). Lady Vivian Hasting apprend que Lord Byron Hastings, son mari explorateur, est toujours en vie. Un message provenant du fin fond de l’Amazonie amène son frère à monter une expédition pour le retrouver dans la lointaine cité perdue de Guyanacapac où il aurait découvert un trésor fabuleux. Lady Hastings veut faire partie de l’expédition et c’est nul autre que Long John Silver qui va l’accompagner. Au moment opportun, le forban devra se rendre maître du Neptune, le navire qui les mène là-bas. La traversée de l’Atlantique, où se trame la mutinerie, est sombre et noire avec pour fond la tension et l’électricité d’une énorme tempête qui finira par se déclencher. Enfin, à l’approche des côtes sud-américaines, l’équipage du Neptune va pouvoir souffler, mais le répit sera de courte durée. Long John Silver, Lady Vivian Hastings et ce qui reste de l’équipage devront pénétrer dans une immense forêt sombre et hostile, à la recherche de la mythique cité de Guyanacapac et de son trésor… Misant sur les atmosphères susceptibles d’émoustiller l’imagination du lecteur, le dessinateur Mathieu Lauffay procède d’une mise en page éclatée qui recrée le rythme des films d’action. Son dessin documenté, expressif et vif est inspiré de l’imagerie propre aux illustrations de l’âge d’or des romans d’aventures de la fin du XVIIIe siècle et du début du XXe.

Au chapitre de l’aventure, il existe aussi des BD s’inspirant de réels personnages historiques. Par exemple, le Rimouskois Jean-Sébastien Bérubé lancera à l’automne le second tome de son Radisson qui se veut un essai biographique sur cet explorateur français qui a vécu des aventures extraordinaires à l’origine de l’Amérique française. Bérubé s’est documenté à fond et s’est inspiré de l’autobiographie du coureur des bois qui séquestré par les Iroquois et libéré connaîtra des aventures qui le mèneront dans la haute société. Bérubé a su entremêler réalité et fiction tout en y ajoutant une belle teinte humoristique.

C’est comme si ces histoires de héros souhaitaient être de nouveau racontées. Elles veulent retrouver les cordes sensibles qui n’attendent que de vibrer. Et la BD le permet superbement. Elle propose à notre imaginaire des images frappantes et des récits souvent effrayants et fascinants qui ouvrent les portes du rêve et comportent leur côté moralisateur ainsi que l’agréable illusion de nous convier à un espace imaginaire qui nous délivre, pour un moment, de la réalité. Ces deux personnages le confirment…

Oui, on a bel et bien besoin de se faire raconter des histoires, ce que je m’entête à répéter.

Il était une fois un dur pirate dénommé Long John Silver… et une autre fois il était Radisson...

Et il y a tant de héros que la BD raconte. Allez voir pour mieux rêver!

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