Chronique contemporaine de morsures à vif (septembre-octobre 2010)

Chronique contemporaine de morsures à vif (septembre-octobre 2010)

1 octobre 2010 par 

Presse hebdomadaire

Les hebdomadaires de Quebecor à Rimouski donnent maintenant dans l’opinion, sauce judéo-chrétienne, agrémentée d’un zeste de philosophico-politique et d’un soupçon de déblatération conservato-adéquiste à saveur de campagne. On déroule le tapis rouge au nouveau monseigneur, loin d’être aussi rétrograde, admettons-le, que l’ex-cardinal de Québec, Marc Ouellet, parti propager la bonne nouvelle – celle de son départ – au Vatican, où il sera sans doute benoîtement assis à la droite de l’infaillible.

Puis, le voici le voilà : Nestor le matanais, qui s’occupe, tantôt à chanter les louanges du chef de l’ADQ post-Mario, Gérard Telquel, tantôt à vanter la liberté de pensée et la pertinence de la défense des valeurs de l’Église catholique de Marc Ouellet – encore lui! « Ciel d’Afrique et Patte de gazelle », aurait dit Alcibiade, avant de s’éclipser en criant : « Sortie côté cour! » (celle de droite).

Mais la palme de la plume (sic) la plus édentée revient à cet ancien conseiller municipal de Sainte-Blandine, qui mâche et remâche la même vieille purée pour pauvres payeurs de taxes, antitout – transport en commun inclus – qui nous rappelle les réformistes, le Crédit social du tandem comique Caouette et Samson ou, plus près de nous – question temporelle, s’entend –, le comité de citoyens de Rimouski, du temps où il était manipulé par Côme Roy et ses tristes drilles.

L’exception dans tout cela : le brave et honnête Gilles Bujold, pur produit du côté jardin, toujours prêt à défendre la veuve et l’orphelin.

Politique

L’ex-ministre de la Justice et ex-candidat non pas défait, mais démoli, à la mairie de Québec, Marc Bellemare, prétend qu’il existerait un trafic d’influence dans la nomination des juges et autres postes-clés dans l’entourage du Parti libéral de Jean Charest. Non mais, ça prend-tu un mautadine de pas fin pour dire des affaires de même… Jean Charest est un parfait modèle d’intégrité, incapable de telles pratiques, et tout le monde le sait! Vous m’excuserez, mais je dois aller faire ma liste de cadeaux pour le Père Noël… Ouuuuh, qu’il est joli ce petit oiseau violet avec sa trompe! Chérie, m’apporterais-tu mon Prozac avec un bon verre d’eau, s’il te plaît.

Retraite

Les supputations vont bon train et les paris sont ouverts : Jean Charest passera-t-il à travers la présente vague ? Une source bien informée nous apprend qu’il prépare déjà depuis un certain temps sa sortie vers un quelconque poste diplomatique en Europe. Et de là se pose la question : mais qui donc le remplacera ? Le nom de Denis Kid Kodak Koderre est d’ores et déjà évoqué, mais, personnellement, je n’y crois pas, car son emploi de Youppi l’occupe déjà à temps plein.

Art et cinéma

Je refais ma profession de neutralité avant de ploguer un spectacle à la salle où je travaille… Je le fais en tant qu’amant des arts et de la culture qui ne veut que le bien de ceux qui le lisent, c’est-à-dire vous. Et non, je n’ai pas de ristourne sur la vente des billets… C’est qu’il y a des spectacles que je considère qu’il ne faut pas manquer. La dernière fois que je me suis fait aller le stylo ploguatoire, c’était en 2007, pour le chef-d’œuvre théâtral Incendies, de Wajdi Mouawad. Vous ne pourrez pas dire que j’abuse.

Cette fois, c’est pour vous inciter à voir, à la fin septembre, la création multimédia Norman, conçue avec l’œuvre du grand maître du cinéma d’animation, Norman McLaren, de lemieux.pilon 4d art, c’est-à-dire Michel Lemieux et Victor Pilon, deux grands créateurs ayant œuvré, entre autres, pour le Cirque du Soleil. Un chorégraphe performeur évolue sur scène, en contact avec des personnages et les structures filmiques de McLaren, projetés en 3d et en holographie.

Norman est une grande œuvre qui s’est attiré des critiques élogieuses à travers plusieurs grandes villes du monde. C’est le genre de grand spectacle qu’on n’a pas souvent la chance de voir à Rimouski. Vous aimerez, parole!

Littérature

Ne trouvez-vous pas, comme moi, qu’on crie trop facilement au génie à la moindre occasion : « … un film génial! », « … un auteur génial! »… Vous me permettrez de prétendre que je sais maintenant ce qu’est vraiment une œuvre géniale, car j’en ai très souvent une sur les genoux ces temps-ci. Je parle de l’« essai hilare » de Victor-Lévy Beaulieu, Joyce, l’Irlande, le Québec et les mots, paru en 2006, aux Éditions Trois-Pistoles, il va sans dire. Une source immense de légendes, de renseignements historiques, politiques et humains sur l’Irlande et son plus grand auteur, exilé, James Joyce, au cœur même d’une épique histoire familiale qui se vit à Trois-Pistoles. Le tout, écrit dans la langue magnifique de notre plus grand auteur.

Un livre génial, ça chauffe le fond des mains quand on le tient, ça repose quand on le lit et ça fait sourire autant quand on l’ouvre que quand on le ferme. J’en suis rendu à ralentir ma lecture des 200 dernières pages – le livre en a près de 1 100 – pour ne pas le finir trop vite.

Sécurité domestique

N’oubliez pas de bien barrer vos portes lorsque vous vous absentez de votre foyer ; on ne sait jamais quand une compagnie d’exploration gazière ou pétrolière viendra sonder sous vos placards ou votre lit.

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