Laisser la nature 
suivre son cours

Laisser la nature 
suivre son cours

2 juillet 2010 par 

« Ministère des Ressources naturelles et de la Faune ? Un jeune phoque est échoué sur la berge, que dois-je faire ? » Un jeune phoque s’est égaré et c’est la commotion parmi les citoyens et les touristes qui se baladent sur la plage. Cette scène se répète de plus en plus sur les berges du fleuve Saint-Laurent. Ce petit mammifère semble seul au monde ou malade, mais il ne l’est peut-être pas. Pour l’instant en tout cas... Petit guide de survie pour un jeune phoque.

Comme à chaque période estivale, des jeunes phoques commun, à capuchon, gris ou du Groenland échouent sur les rives de la région. Pour des observateurs non avertis, cette situation peut sembler anormale et alarmante. Le cœur sur la main et le spectre de Brigitte Bardot en tête, certains citoyens pourraient être tentés de toucher, de nourrir ou de secourir l’animal. Une telle intervention pourrait toutefois s’avérer néfaste et même fatale pour le phoque.

« Les gens tentent de bien faire, mais c’est très important de laisser la nature suivre son cours, de dire la directrice générale du Réseau d’observation de mammifères marins (ROMM), Esther Blier. Dans plus de 90 % des cas répertoriés, le jeune phoque va repartir dans le fleuve lorsque la marée va remonter. Il s’agit simplement d’une période d’apprentissage normale. »

Un jeune phoque commun s'est récemment retrouvé dans une fâcheuse situation à Saint-Siméon. (Photo: ROMM)

Le début de l’été coïncide avec la période des naissances chez le phoque commun. Lorsque les mères vont s’alimenter en mer, les bébés se retrouvent sur la terre ferme et crient parfois pour que leurs mères reviennent. De plus, les jeunes phoques se reposent souvent hors de l’eau et sont la plupart du temps inconscients des dangers qui les guettent. Qu’ils soient sevrés ou non, leur présence sur les berges est fréquente et tout à fait normale dans la région. « Pour plusieurs raisons, ce sont des mammifères marins qui attirent la compassion. Ils sont jolis et les chiots sont peu effrayés par la présence humaine. »

Lorsqu’un jeune phoque est aperçu sur la plage, voici trois principes à respecter pour ne pas menacer sa survie : garder ses distances, ne pas le manipuler et tenir les animaux domestiques éloignés de l’animal. Comme pour la plupart des espèces, la proximité et l’odeur humaines pourraient inciter la mère à abandonner le rejeton. Si le phoque est en période de sevrage, la présence des humains peut aussi s’avérer fatale.

« Des phoques échoués sur les berges, c’est tout à fait normal, ajoute Esther Blier. Ça peut toutefois arriver que le phoque soit en difficulté ou mal en point. S’il est maigre et s’il présente des écoulements nasaux importants, ce sont des signes que le mammifère est peut-être malade. Il faut alors contacter des intervenants qualifiés qui vont prendre les mesures nécessaires pour s’occuper de l’animal en détresse. »

Les humains s’exposent également à des problèmes en approchant ou en touchant un jeune phoque. Le risque de transmission de maladies est toujours présent. Sans oublier que l’animal, bien que mignon comme tout, est sauvage et peut mordre ou infliger de sérieuses blessures à quiconque qui décide de s’approcher d’un peu trop près. Peu expérimenté, le premier réflexe du phoque ne sera pas nécessairement de fuir.

« Au fil des ans, nous avons entendu plusieurs histoires rocambolesques, déclare Esther Blier. Récemment, à Saint-Siméon, un phoque commun mal en point a été amené par une personne dans sa voiture pour être euthanasié chez un vétérinaire. Je me souviens également d’un phoque qui a été mis dans une piscine par des gens. Le fait de le manipuler met sa vie en danger. »

Pour le phoque commun, la période d’allaitement est de mai au début juillet et la période de sevrage s’étend de la mi-juin à la fin juillet. Pour signaler la présence ou la carcasse d’un jeune phoque ou de tout autre mammifère marin sur les rives du fleuve Saint-Laurent, le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins a mis à la disposition de la population un numéro de téléphone sans frais : 1-877-7BALEINE (1-877-722-5346).

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