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Vol XXVI No 4, mars-avril 2021, Danger: langue en péril?

La baie de Rimouski, la biodiversité à deux pas du centre-ville

La baie de Rimouski, la biodiversité à deux pas du centre-ville

5 mai 2010 par 

La baie de Rimouski, avec ses sentiers pédestres, ses pistes cyclables et l’île Saint-Barnabé, est bien connue des adeptes d’activités de plein air de la région. Pour plusieurs, cet endroit calme à proximité de la ville est un lieu de repos et de détente. Or la diversité faunique et floristique, la biodiversité de cet endroit, est impressionnante et pourtant mal connue.

On estime à plus de 300 espèces le nombre des végétaux et à 250 espèces le nombre des animaux qui s’y retrouvent, sans compter les invertébrés marins, les insectes, les champignons, les lichens, les mousses et les bactéries. Ces espèces sont là, à nos pieds, cachées dans l’un des plus grands et des plus diversifiés marais salé du Bas-Saint-Laurent. Sous l’eau, dans le seul herbier de zostère marine urbain du Bas-Saint-Laurent, ou près de nos têtes, dans l’une des rares aulnaies toujours intacte en bordure d’un marais salé au Québec. Plusieurs de ces plantes et de ces animaux sont en diminution au niveau continental et parfois déjà listés parmi les espèces en péril. Cependant, nous pouvons encore observer un vol de bécasseaux sur la vasière maritime ou des centaines de canards de mer migrateurs entre l’îlet Canuel et l’île Saint-Barnabé. Quel spectacle pour l’œil attentif !

Située dans l’estuaire maritime, la baie de Rimouski avec ses eaux saumâtres, ses courants marins faibles et sa rivière réunit en un même lieu un marais salé, un herbier aquatique et des îles. Nombre d’espèces aviaires font halte dans la baie de Rimouski, en cours de migration, pour s’y alimenter et s’y reposer, d’autres y établissent domicile. Plusieurs espèces de poissons s’y reproduisent, s’y nourrissent, migrent et s’y mettent à l’abri. Certaines sont également à la base de l’alimentation de plusieurs autres espèces comme les mammifères marins. On peut également y observer une flore terrestre maritime variée.

La nature en ville

Lorsqu’on habite au cœur d’une grande ville, il faut parfois rouler des heures pour profiter de la nature. Les nombreux usagers de la baie de Rimouski apprécient la proximité avec le Saint-Laurent. Mais cet engouement crée une affluence dans des zones utilisées par de nombreuses espèces de plantes et d’animaux. Pour atteindre le bord de l’eau, plusieurs randonneurs piétinent ainsi les plantes riveraines qui maintiennent le sol en place et protègent les rivages contre l’érosion. On assiste également au dérangement des nombreuses espèces présentes dans ces milieux, surtout en période migratoire.

Les données recueillies au cours des 10 à 20 dernières années indiquent que 80 % des populations d’oiseaux de rivage sont en déclin au Canada. Très peu d’oiseaux de rivage nichent le long du Saint-Laurent, qui est plutôt utilisé comme halte lors de la migration. Ces haltes migratoires sont primordiales pour ces grands voyageurs, car elles leur permettent à la fois de se reposer et de s’alimenter, bref de reprendre des forces avant de continuer leur longue route. Malheureusement, ces oiseaux discrets, peu farouches en apparence et souvent très méconnus, sont extrêmement vulnérables au dérangement par les marcheurs, kayakistes, etc. Les baisses d’effectifs pour les populations d’oiseaux peuvent se généraliser également à plusieurs des espèces aviaires présentent dans la baie. Imaginons un instant la baie de Rimouski sans plantes ni oiseaux…

L’île Saint-Barnabé, à quelques kilomètres au large de la ville, nous protège des soubresauts du Saint-Laurent et freine les vagues et les vents qui causent bien des maux de tête ailleurs au Bas-Saint-Laurent. Avec ses milieux humides, ses friches, ses chablis et sa forêt en phase d’atteindre sa maturité écologique, l’île est un refuge pour de nombreuses espèces. Pas moins de 150 espèces d’oiseaux y nichent et une héronnière y est établie.

Afin de souligner l’Année internationale de la biodiversité, le Comité ZIP du Sud-de-l’Estuaire souhaite protéger et mettre en valeur la biodiversité présente dans la baie de Rimouski. Nous espérons sensibiliser la population et la Ville de Rimouski à la fragilité de ces habitats grâce à de nouveaux outils de sensibilisation tels que 11 panneaux d’interprétation répartis sur le sentier du Littoral et sur l’île Saint-Barnabé accompagnés d’un livret d’interprétation intitulé À la découverte des habitats côtiers de Rimouski. Nous espérons ainsi mieux faire connaître la richesse de la baie et offrir quelques consignes à respecter lors des activités de plein air. De plus, des causeries en plein air seront organisées durant l’été 2010. Surveillez l’arrivée de notre oiseau emblématique « Branta la bernache ». Vous pourrez la suivre pas à pas à travers les sentiers et ainsi mieux connaître la baie de Rimouski et sa biodiversité. Le Comité ZIP du Sud-de-l’Estuaire est un organisme à but non lucratif qui s’est donné comme mission de promouvoir et de soutenir, par la concertation régionale, les actions visant la protection, la conservation, la réhabilitation des milieux perturbés et l’accessibilité au fleuve Saint-Laurent dans une perspective de développement durable.

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