Chronique contemporaine de morsures à vif (mai-juin 2010)

Chronique contemporaine de morsures à vif (mai-juin 2010)

4 mai 2010 par 

Cinéma

Comme bien d’autres, j’ai ri comme une baleine en voyant sur YouTube le petit clip reprenant une scène marquante du film La Chute (Der Untergang), d’Oliver Hirschbiegel, sous-titrée pour ridiculiser la saga des deux tours de Rimouski et ses principaux opposants. Puis, j’ai déchanté quand j’ai su que ce montage avait été fait plusieurs fois, notamment à Québec, où Hitler devenait le maire Labeaume… Oui, ça fait rigoler, mais personne ne devrait être comparé au sinistre Hitler, surtout pas pour une histoire de construction et de stationnement dans un centre-ville…

Ceci dit, le Suisse Bruno Ganz est vraiment un grand acteur. Histoire et finance

Pour ma part, j’ai décidé de fournir 20 cases de stationnement pour le projet des deux tours. Pour qu’on cesse d’en parler ! Je ne possède aucune case de stationnement, mais ça ne fait rien, puisque le grand propriétaire immobilier Jean-Paul Dumais n’en possède aucune lui non plus et pourtant, il affirme en fournir 238… Alors, pourquoi lui et pas moi ?

Cette histoire montre à quel point certains hommes d’affaires de Rimouski manœuvrent comme si la ville était leur carré de sable. Et parmi ceux-ci, toujours en arrière-plan, il y a celui qui a été maire de 1978 à 1990, Philippe Michaud. Non content que Rimouski ait connu, sous son règne, 12 ans d’immobilisme et de recul – on se rappelle encore ses incessants affrontements avec un regroupement d’organismes communautaires et culturels, qu’il appelait « un regroupement de tricoteuses » –, il a continué par la suite, pendant des années, à s’opposer au projet de salle de spectacle au centre-ville de Rimouski, en dépit du fait que tous les organismes culturels et la majorité de la population appuyaient et désiraient ce projet. Mais qui sont donc ces ignares, ces culs-terreux, qui osent penser différemment de moi ?

L’homme ajouta même l’insulte à l’injure en affirmant que la salle de spectacle défigurerait l’environnement architectural du centre-ville. Il était pourtant maire quand a été construit l’affreux « Trust », au coin des rues de la Cathédrale et Saint-Germain ! Vous avez dit « respect de l’environnement architectural », monsieur ?

Une salle de spectacle, mais pourquoi faire ? Pour aller voir des chevelus s’énerver sur scène ? Et le voici aujourd’hui qui voudrait déployer ses grandes ailes noires au-dessus du cadavre d’un projet de développement immobilier qu’il n’aime pas, donc, qui ne peut être bon.

Alors, s’il est clairement établi que Jean-Paul Dumais et son fils s’opposent au projet des deux tours d’abord et avant tout pour leur sacoche, reconnaissons-leur au moins le mérite de le faire à visage découvert.

Tout le monde sait que le promoteur du projet des deux tours s’en mettra plein les poches. Les Dumais et les Michaud, grisés par des années de quasi exclusivité dans l’immobilier, s’en trouvent vexés. Palsambleu ! Mais que fait cet envahisseur sur les terres de notre seigneurie ? Boutons-le hors d’ici !

Mais il ne s’agit pas ici de mettre à la porte une locataire qui a eu l’outrecuidance de demander un remboursement de peinture ou le changement d’un tapis qui pue la pisse de chien. La personne à contrer a le portefeuille épais et bénéficie d’appuis politiques et populaires. Et ça ne sent plus la pisse, mais l’argent ; la ville récoltera de nouvelles taxes, le promoteur empochera ses faramineux loyers et ira ensuite investir son argent ailleurs qu’à Rimouski. Tout ça est évident comme le nez dans un visage, mais qui osera pour cela prétendre, à part peut-être Philippe Michaud, que Rimouski ferait mieux de garder le cercueil de briques qu’est la Grande Place plutôt que de voir s’ériger les deux tours ?

Passons donc à un autre appel et tentons d’oublier que tout ce crêpage de chignon et ce lavage de linge sale s’est fait à cause de quelques dizaines de places de stationnement.

Une question, en closant ce sujet : qui était maire quand a cessé le service de transport en commun par autobus à Rimouski ? Il n’y a rien à gagner pour une bonne réponse !

Show-bizni$$$ et hasard

Vous n’avez pas vu Céline à Las Vegas, capitale mondiale du pari, allez voir le film, à 17 $ en tarif spectacle. Vous aurez vous aussi la chance de savoir qu’une partie de ce que vous avez payé se retrouvera sur une table de jeu, devant René. Par ailleurs, on raconte que des ethnologues musicaux ont finalement révélé l’énigme de Céline à propos de son album de 1995, The Colour of my love. La réponse était grey. Si vous aviez parié sur une autre couleur, vous avez encore perdu ! Arts et critique

Dans le cahier Champ libre du dernier Mouton NOIR, il y avait un article, qui se voulait critique, sur l’activité Espace blanc, de Caravansérail. Ce texte m’a rappelé à quel point plus ça change, plus c’est pareil dans le merveilleux (sic) monde des écrits sur les arts visuels. « Après nous, le déluge… Nous, les bonzes de l’ART avec un grand A et de la Culture avec un grand CUL, avons fait, alors, vous, contentez-vous d’essayer… »

Et soudain, j’ai halluciné un vieux chat de gouttière qui miaulait sa nostalgie dans la sombre ruelle de son passé.

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