Chronique contemporaire de morsures à vif (mars-avril 2010)

Chronique contemporaire de morsures à vif (mars-avril 2010)

8 mars 2010 par 

ÉCONOMIE FAMILIALE

Il vous arrive sans doute, comme à presque tous les humains — je veux dire ceux qui n’ont pas leur petit lobbyiste personnel d’amour sous la main —, de pogner de petites crampes du système digestif en pensant à vos fins de mois, qui vous semblent arriver de plus en plus vite, à toutes les fins de semaine. Alors, découpez soigneusement le petit texte qui suit, punaisez-le sur le babillard ou placez-le sous un aimant, sur le frigo, et lisez le lorsque surviennent les dites petites crampes.

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Le président américain Barack Obama a proposé un plan budgétaire d’une valeur totale de 3 834 milliards de $ pour l’année 2011. Le plan, qui doit être approuvé par le Congrès, prévoit un déficit de 1 270 milliards de $ pour l’année 2011, qui démarrera le 1er octobre prochain. En 2010, ce déficit devait s’établir à 1 556 milliards, selon les dernières prévisions.

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Alors, ces reflux gastriques, ça va mieux ?

OLYMPIQUES

Il faut souligner les efforts que fait la Ville de Rimouski pour que ses citoyens se sentent envahis par l’esprit et l’ambiance des Olympiques d’hiver de Vancouver. Ainsi, la Ville met tout en (dés) oeuvre pour qu’il soit possible de pratiquer le patinage, en bottes, sur les trottoirs et dans les rues, et le ski de bosses, sans skis, s’il vous plaît, entre ces rues et ces trottoirs.

En passant, bonne chance à cet athlète de je ne sais quelle discipline, mais qui se prénomme Bastien et qui a dit, à l’émission du matin à la radio de la SRC, qu’il avait su tirer son épingle du chapeau.

ENVIRONNEMENT

Il aura suffi au rouge de tirer deux fois la langue pour virer au vert. Et il doit une fière chandelle au ministre de la Pollution du gouvernement fédéral, Jim Prentice, et à son supérieur et semblable, Harper. Car, en dépassant par la droite le conservato-libéral du Québec, les dinosaures renifleurs de CO2 (Albertas conservatosorus reactionaris) ont conféré à Jean Charest le statut de défenseur de l’environnement, de sa veuve et de son orphelin.

J’ai même entendu, deux fois plutôt qu’une, de ses fervents détracteurs se dire très fiers de lui, après qu’il eut semoncé les fédéraux de l’Ouest bitumineux, une première fois à Rivière-du-Loup, lors de l’inauguration d’une usine de biométhane et, une seconde fois, in abstentia, de l’Inde, où il était en mission économique et où il a été pris à partie par un syndicat qui lui a mis sous le nez, qu’il a gros – excusez-moi, mais je souffre du syndrome, non pas de Gilles de la Tourette, mais d’Achille Talon –, que 25 % des travailleurs indiens exposés à la poussière d’amiante (importé du Québec) développent des maladies pulmonaires, comme l’amiantose ou le mésothéliome.

Jean Charest n’allait pas manquer l’occasion de sauter à pieds joints sur et dans le plateau d’argent que lui tend aussi maladroitement le gouvernement de Stephen Harper pour redorer – ou reverdir – son blason. Quoi de mieux que des prix Fossile à Copenhague ou des déclarations qui sentent le Hummer pour faire oublier un port méthanier en zone résidentielle, à Lévis, ou d’autres projets, heureusement annulés grâce aux mouvements citoyens d’opposition, de développement résidentiel dans le parc du Mont Orford et de centrale thermique à Beauharnois. La mode est passée du vert délavé au vert pâle chez les libéraux du Québec.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Il y a de longues années vivait un empereur qui aimait par-dessus tout être bien habillé. Il avait un habit pour chaque heure du jour. Il en avait un, fabriqué en Chine, bien sûr, qui était tissé d’une étoffe que seules les personnes intelligentes pouvaient voir. Il l’avait acheté sans le voir, mais, troublé, il n’en avait parlé à personne, car personne ne voulait d’un empereur sot. Le roi mit cet habit pour annoncer au peuple les mesures de son gouvernement en matière d’environnement.

Ainsi « vêtu » et accompagné de ses ministres, l’empereur se présenta à son peuple qui, lui aussi, prétendit voir et admirer ses vêtements. Seul un petit garçon osa dire la vérité : « Mais le roi est nu ! » Et tout le monde lui donna raison. L’empereur comprit que son peuple avait raison, et s’en fut aussitôt sur sa moto marine à moteur à deux temps.

ADMINISTRATION PUBLIQUE

Le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, a reproché à l’opposition péquiste de vouloir salir la réputation du député de Rivière-du-Loup, M. Jean D’Amour, que le premier ministre Charest vient de nommer à la Commission de l’administration publique, qui voit aux appels d’offres et aux contrats du gouvernement, après que ce député ait reconnu sa culpabilité à des infractions à la Loi sur le lobbyisme.

Nous nous insurgeons contre ces affirmations de Jacques Dupuis ; Jean D’Amour n’a besoin de personne pour salir sa réputation, il sait très bien le faire seul.

JEUX DE SOCIÉTÉ

Obtenez pour vos patrons le contrat de la Place du Parc. Faites-vous accuser de lobbyisme. Plaidez coupable. Dites trois fois « je ne l’ai pas fait sciemment ». Appelez votre nouveau patron. Payez la taxe de luxe de 500 $. N’allez pas en prison et retournez à GO.

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