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Le logement

Par Jacques Métras le 2009/11
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Le logement

Par Jacques Métras le 2009/11

Il nous semble évident que le logement est l’ultime espace de vie. Un lieu qui nous sécurise et qui nous donne l’opportunité d’exprimer notre spécificité; un espace de reconnaissance à soi-même, bref, un espace qui nous ressemble.

Qu’en est-il lorsque l’on regarde au-delà de ces lignes? Qui peut vraiment se vanter de pouvoir choisir librement son espace résidentiel, son milieu de vie?

Certaines personnes possédant un revenu de qualité sont probablement en mesure de faire ce choix et il faut reconnaître toute la portée que cela a sur leur qualité de vie.

Mais qu’en est-il des autres? Comment concilier un revenu modeste, voire faible, avec une offre de logements passablement réduite à des coûts locatifs franchement élevés?

Depuis 2005, l’offre de logements à Rimouski se situe bien en deçà du taux d’équilibre fixé à 3 % (nombre de logements disponibles par rapport au total des logements du parc locatif). Actuellement, le taux d’inoccupation est de 0,4 %, ce qui nous situe parmi les dix villes les plus fragilisées en termes de disponibilité de logements.

Cette situation, en perdurant au fil des ans, place plusieurs locataires en marge d’une vie sociale épanouissante. Le coût excessif des loyers, combiné au coût de la vie en constante progression, fragilise et exclue une partie de plus en plus importante de la population.

Pour permettre la sortie de cette réalité contraignante, il nous apparaît essentiel de réfléchir à d’autres avenues, à d’autres approches locatives que celles proposées par les condos, les appartements de luxe style Les deux tours et même l’offre de résidences de la Roseraie phase II pour personnes de 75 ans et plus en légère perte d’autonomie. Toutes ces offres locatives, bien que répondant à des besoins particuliers, ne règlent pas la situation des locataires inscrits sur la liste d’attente de l’Office municipale d’habitation de Rimouski (OMHR).

La coopérative d’habitation nous apparaît être une approche prometteuse, mais sous-exploitée. Depuis 15 ans, il n’y a pas de projets de ce type qui ont vu le jour à Rimouski. Le modèle de la coopérative d’habitation permet une mixité locative – origine ethnique, sexe, statut socio-économique, etc. –, voire même un espace intergénérationnel, le tout à un coût défiant toute concurrence. Ce type de logement communautaire permet de soustraire ces espaces de vie à un marché locatif de plus en plus spéculatif, affirmant ainsi que le logement n’est pas une marchandise, qu’il est un droit et que ce droit à bien se loger est porté et priorisé par la communauté. La responsabilité de mettre en œuvre des mesures favorisant le développement de nouvelles coopératives d’habitation incombe au conseil municipal.

Peu importe où nous logeons, cet espace nous confronte aux pièges de l’individualisme de notre société. En effet, nous sommes trop souvent confinés dans notre lieu de résidence, participant ainsi à la fragmentation du tissu social. La coopérative d’habitation, de par sa philosophie, s’imbrique dans une démarche de transformation sociale. Y adhérer, c’est affirmer une volonté d’engagement dans un processus d’autogestion de son milieu de vie. On comprendra ici que cette avenue ne correspond pas aux besoins de toutes et tous, mais il y a, à Rimouski, des locataires qui sont prêts à vivre cette marginalité.

Il y a des locataires qui attendent ce coup d’envoi… Il y a des locataires qui aimeraient bien que des clous se cognent.

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