Chronique contemporaine de morsures à vif (novembre-décembre 2009)

Chronique contemporaine de morsures à vif (novembre-décembre 2009)

3 novembre 2009 par 
Démocratie

Vous lisez ici la preuve que je commence l’écriture de cette chronique avant les élections municipales et vous aurez plus loin la preuve que je la termine en son lendemain, à la demande de ma rédactrice en cheffe, à qui je ne peux rien refuser, vu qu’elle accepte toujours mes retards avec un sourire dans le courriel.

On parle donc d’une élection à la mairie, mais vous me permettrez, je n’en doute pas, d’exprimer ici mon opinion : cette élection sera en même temps un recensement du nombre de taouins qui vivent à Rimouski, ou plutôt, du nombre de taouins qui votent à Rimouski. Car, soyons justes, il y a sûrement des taouins qui ne votent pas. Mais il faut être profondément taouin pour voter pour Gilles Morneau. On dirait que j’ai parié avec quelqu’un que j’écrirais le mot taouin quatre fois dans un même paragraphe. Mais il n’en est rien, heureusement, car j’aurais perdu, parce qu’avec ce dernier, ça en fait cinq. Alors tant qu’à perdre : taouin, Morneau, taouin! Et de sept!

Il y en a qui ont trouvé et qui trouvent encore ça drôle. Moi pas. Plutôt que de me faire rire, la candidature de Gilles Morneau à la mairie de Rimouski m’a fait honte. On en a parlé à Infoman. Il paraît que c’était bien drôle. « As-tu vu la gang de mottés de Rimouski avec leur candidat bon père de famille? Est-ce qu’il l’a pris au Centre d’entraide (au Village des valeurs, à l’Armée du salut, etc.) sa perruque frisottée? C’est un vrai candidat ou c’est un nouveau personnage des Têtes à claques? »

Dimanche dernier, à Tout le monde en parle, Guy Z. Lepage a demandé aux journalistes de Radio-Canada qui enquêtent sur la corruption en lien avec l’industrie de la construction dans la politique municipale à Montréal, s’ils allaient aussi enquêter en région, par exemple, à Rimouski… Était-ce un simple hasard? L’absence de crédibilité de ce triste sire voyage moins vite que ses élucubrations et surtout, que les accusations qu’il a porté envers le maire sortant et l’administration municipale. Et on sait comment certains recherchistes et journalistes pressés, en quête de sensationnalisme, ont tendance à sauter sur le croustillant, tout nauséabond soit-il.

Gilles Morneau a débuté sa campagne en lançant des accusations de corruption qu’il n’a pu prouver, et il la termine en disant que, quel que soit le résultat de l’élection, il continuera à se battre pour l’environnement. Pardon?

Y a-t-il quelqu’un quelque part qui ait déjà entendu parler de Gilles Morneau en tant que défenseur de l’environnement? Que lui est-il arrivé durant cette campagne pour qu’il se transforme soudainement en Airpurman? Ça commence bien mal, avec son projet saugrenu de centre de recherche sur l’environnement sur l’île Saint-Barnabé. Déboisons l’île pour y construire un centre où l’on étudiera, heu… mettons… les effets du déboisement. Et ils iront travailler comment les chercheurs? En motos marines?

La campagne de Gilles Morneau a commencé avec du vent et elle se termine avec du vent. C’est d’ailleurs tout ce que l’on peut voir comme lien entre cet homme et l’environnement : le vent!

On verra combien de temps ses affiches – à conserver par les collectionneurs de crap – resteront sur les poteaux de la ville.

Ceci étant déblatéré, disons tout de même que l’équipe du maire sortant Forest a pris le mors aux dents devant la candidature de Gilles Morneau : annonces dans les journaux, grands panneaux un peu partout, bref, un bazooka pour tuer une mouche.

Publicité

Il y a plusieurs années, j’avais eu un sursaut de révulsion de vieux rocker devant une annonce de gros char sport qui utilisait la chanson Born to be wild, de Steppenwolf. J’avais une tout autre conception de la wilditude dont parlait cette chanson.

Et là… Une femme prend sa douche, bien chaude, on s’en doute, sans se préoccuper d’économie d’énergie. La chanson : Amène-toi chez nous, de Jacques Michel : « N'oublie pas que ce sont les gouttes d'eau / Qui alimentent le creux des ruisseaux / Si les ruisseaux savent trouver la mer / Peut-être trouverons-nous la lumière ». Ce qui était en 1969 une chanson patriote, militante et collectiviste est devenu une ode à la dépense d’eau chaude pour le petit confort personnel. Et les gouttes d’eau alimentent les ruisseaux qui trouvent la mer des profits d’Hydro-Québec, sous le regard cupide du duo Charest-Vandal.

Santé

La panique autour de la grippe A(H1N1) n’est pas une conspiration des compagnies pharmaceutiques. C’est la compagnie Purell qui est derrière tout cela. « Maintenant en format 20 litres. Essayez notre Purell béni, disponible dans une église près de chez vous. »

Recensement

Il y a donc, le 1er novembre 2009, 651 spécimens du « Taouin voteur » en liberté à Rimouski.  Mais consolons-nous, car il y a, à Québec, 16 658 taouins de la variété hargneuse, fielleuse  et à quatre roues motrices qui ont voté pour Jeff Fillion. LIBARTÉ! Chouuuuuu!

Consultez le journal au format numérique
Visionner

Consultez le calendrier culturel du Girafe