Le Stylo Sauvage

Le Stylo Sauvage

1 juillet 2009 par 

Humour

Jean Charest, grand bâtisseur? Y a pas à dire, les libéraux québécois sont les rois de l’humour! Mais quel égo démesuré et quel petit esprit politicien faut-il cumuler pour accepter béatement de se faire sacrer grand bâtisseur du Québec par les membres de son propre parti, alors qu’on est toujours en poste comme premier ministre. On n’est pas loin de l’autoproclamation et du culte de la personnalité.

Y a-t-il quelqu’un quelque part qui puisse me présenter une réalisation importante de Jean Charest?

L’abolition des fusions municipales? La centrale thermique du Suroît? Le développement immobilier sur le Mont Orford? Ces deux derniers projets ont été jetés aux orties suite aux pressions populaires, pour le bienfait de tous. Le contournement de la Loi sur l’eau, adoptée par le gouvernement de Bernard Landry pour protéger les rivières non harnachées, afin de permettre à des amis contributeurs du PLQ, de construire de petits barrages privés pour s’en mettre plein les poches? Là, on s’approche…

Quand même l’éditorialiste de La Presse, André Pratte, plus que sympathique au PLQ, questionne la partisannerie et l’honnêteté intellectuelle du premier ministre et de sa cour, qui usurpent sans retenue le crédit de précédents chefs de gouvernement, c’est qu’il y a vraiment quelque chose de pourri dans le royaume du gros rouge qui tache.

Jean Charest, grand bâtisseur, aux côtés des quatre seuls premiers ministres ayant reçu cet honneur, Adélard Godbout, Jean Lesage, Robert Bourassa et René Lévesque? Allons donc, un peu de sérieux et d’autocritique, s’il vous plaît.

Ça y est, j’y suis! Gros-Jean comme de vent a voulu s’impliquer à fond dans la nouvelle mesure qui consiste à envoyer des clowns dans les hôpitaux et les résidences pour personnes âgées et, fin stratège, il a puisé dans son Patapouf intérieur pour faire rire tout le monde, tous groupes d’âge confondus…

Cuisine minceur

Il y a deux ans, la direction québécoise de Radio-Canada lançait, en projet-pilote, pour l’été seulement, disait-on alors, une émission quotidienne d’après-midi à formule « multirégionale », animée et diffusée en alternance à partir de Matane, Rimouski et Saguenay. Se faisant le porte-parole de la haute perchée direction, Denis Langlois, qui remplaçait alors le coordonnateur de la station de Rimouski et qui a, depuis, chaussé ses bottines de façon permanente, déclarait que la radio d’État n’avait aucun projet de restructuration axé sur le multirégionalisme. Syndrome de Pinocchio ou, plus probablement, ignorance de ce qui se tramait derrière les portes closes – car les tristes sbires sont passés maîtres dans l’art d’envoyer au bat quelqu’un d’autre à leur place –, le monsieur Langlois en question a récemment eu à « remettre son bleu » à l’animatrice des émissions de fin de semaine Sacré samedi et La grande tablée, l’excellente Hélène Beaulieu, au grand dam des auditeurs de ces émissions qui foisonnaient d’informations culturelles, locales et régionales. Et pour la remplacer par qui, par quoi? Ben oui toi, par une émission multirégionale!

Et bien sûr, pour une troisième année consécutive, la quotidienne d’après-midi sera du même acabit gaspésiano-saguenéo-baslaurentien.

Et bien sûr, le monsieur Langlois, il est très sympathique, et ces décisions qui se prennent bien au-dessus de sa tête le font probablement suer, restons poli, autant que nous.

Mais le mal se fait néanmoins.

Nous voici donc maintenant avec des émissions multirégionales cinq après-midi en semaine et la fin de semaine. Et Radio-Canada réussit à en remettre : alors qu’on nous servait depuis deux ans un imbuvable bouillon mal apprêté par trois chefs à la fois, l’émission de l’été 2009 sera produite et animée durant trois semaines au Saguenay, trois à Rimouski et trois à Matane. Les Gaspésiens sauront donc ce qui se joue au théâtre au Saguenay, les baslaurentiens connaîtront les heures de marée à Paspébiac et les Saguenéens pourront suivre le feuilleton rimouskois La Famille Dumais contre les deux tours.

Puis, à l’automne, l’émission du samedi matin sera produite à Matane, mais confiée à une réalisatrice de Rimouski. Une recherchiste au Saguenay, avec ça ?

Et à l’hiver? On remet les noms dans le chapeau…

Le pire, c’est qu’à travers tout cela, une réalité demeure : la radio, ça ne coûte presque rien à produire. Mais on réussit tout de même à couper dans ce presque rien.

Quelles émissions restera-t-il ensuite à sacrifier sur l’autel des coupures et de la restructuration des grands prêtres radio-canadiens?

Mais n’ayez crainte, la direction de Radio-Canada n’a pas de plan en ce sens. Pas plus qu’elle n’en avait il y a deux ans pour la fin de semaine!

Immobilier

À Rimouski, tout le monde croit que, pour une sombre question de servitude de stationnement, trois riches propriétaires immobiliers bloquent un important projet de développement immobilier au centre-ville qui est approuvé par tout près de 97 % des propriétaires concernés. Mais la réalité est toute autre : ces trois personnes sont en fait des agents doubles de l’escouade anti-terroriste mondiale qui ont eu vent qu’Oussama Ben Laden attendait de pied ferme que Rimouski ait ses tours jumelles pour reprendre du service.

Psst, Ben, espèce de vieux craqué, attends un peu, il y aura peut-être bientôt un stationnement à étages au centre-ville. Un deux pour un, ça te tenterait?

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