Exclusif! Un aperçu 
du premier album de David Bujo

Exclusif! Un aperçu 
du premier album de David Bujo

1 juillet 2009 par 

Synthétiseurs, Transformers, crise économique, new wave, électro old school… L’esthétique populaire nord-américaine des années 1980 semble de plus en plus prégnante dans les médias actuels et sur la scène musicale québécoise. Peut-être parce que la génération d’enfants nés à cette époque a grandi : les 20-30 ans constituent en effet une part importante des créateurs et des consommateurs d’aujourd’hui. Musicalement, pour une certaine part de la pop québécoise émergente, ça s’incarne par un retour des claviers, par une musique axée sur le plaisir et sur la danse, et par des rythmes électroniques entraînants qui dissimulent un fond de tourmente et de mélancolie.

À certains égards, la musique de David Bujo rappelle ce type d’esthétisme, maîtrisé et raffiné d’une façon actuelle. Vous l’avez peut-être vu sur scène ou à la télévision, l’artiste est un véritable showman; il se reconnaît par la qualité de ses prestations. Il s’est d’ailleurs mérité le Prix « meilleure performance, présence et charisme » au Festival en Chanson de Petite-Vallée en 2006, pour une récolte totale de cinq prix. En spectacle, en solo, en duo ou avec son band (accompagné notamment de la sublime et talentueuse bassiste Caroline Cameron), Bujo a une énergie rock qui captive et fait bouger la foule.

Cette attitude pourra-t-elle être reproduite sur CD? À l’écoute du roughtmix des pièces qui constitueront le premier album de l’artiste, le pari semble gagné. On y retrouve le besoin de bouger, les accords de guitare intelligents, les mélodies accrocheuses sans être banales et les ambiances électroniques planantes caractéristiques de Bujo. L’album parait a priori moins rock que les spectacles. Pour ses rythmiques électroniques, ses teintes européennes et ses accents plus intimes, la production ressemble d’avantage à celle de The Eraser de T. York. La voix du multi-instrumentiste diffère toutefois nettement de celle du chanteur anglais. Posée, mature, affirmée et convaincante, elle supporte des textes personnels et imagés, dans un français québécois-international de qualité. Il s’agit de pop irréprochable, belle et sensible, d’un de ces albums qui forcent le respect et qui laissent présager une belle carrière parmi les grands, dans la lignée d’Arianne Mofat et de Dumas. Les pièces Qu’est-ce t’en dis et Donne-moi toi sont des hits en puissance. Sortie à surveiller dans les prochains mois.

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