Le Stylo Sauvage

Le Stylo Sauvage

1 janvier 2009 par 

Linguistique (sic)

Jean Perron a de la relève. À l’émission La Zone, animée par un Villeneuve qui continue de donner son 110 % même s’il a changé de réseau, un ex-défenseur de la LNH, Patrick Boileau – qui? – a lancé, pour dire qu’un joueur laissé de côté devait prendre son mal en patience, qu’il n’avait pas le choix et qu’il devait « manger ses bas noirs ». Accumulé au pied du mur, il n’y est pas allé avec le dos de la main morte.

Politique (sic)

Réjean Tremblay s’est-il mis à l’écriture de fiction politique? Il y a, ces temps-ci, des émanations toxiques qui planent au-dessus des arènes politiques fédérale et provinciale qui me rappellent ses pires téléséries. Il y a vraiment de quoi décourager toute personne sensée à vouloir s’engager dans la politique active. On disait, il n’y a pas si longtemps, que la population était cynique envers ses politiciens. À cynique, cynique et demi, répliquent en chœur ces derniers. Le dernier épisode fédéral et les élections provinciales du 8 décembre font vraiment la preuve par quatre que l’électeur peut désormais être bourré de tout bord tout côté et néanmoins voter, docilement et presque mécaniquement, pour ses manipulateurs.

À droite, très très à droite dans l’arène fédérale, Stephen Harper a montré son vrai visage, qui était bien différent de celui du bon père de famille souriant et détendu qui appelait gentiment ses adversaires par leur prénom au cours du débat télévisé des élections de l’automne. Il a montré celui d’un réactionnaire de la pire espèce, anti-syndical, anti-opposition et anti-équité salariale – « Au foyer, les bonnes femmes! » –, oubliant manifestement qu’il était toujours à la tête (sic) d’un gouvernement minoritaire. La suite est connue : formation d’une coalition entre le NPD et le Parti libéral prête à renverser la bête immonde, coalition ayant à sa tête (resic) l’ineffable Féfane Dion, acceptation par la Gg Michaëlle d’une demande de prorogation des travaux du parle-ment que lui adresse l’Harperosaure, une fois craché tout son fiel sur les maudits séparatisses québécois qui, à l’entendre, contrôlaient, de leurs officines, ladite coalition.

Puis, ouste! Féfane, welcome Ignatieff! À suivre en début d’année prochaine, à la même chaîne et avec les mêmes très mauvais comédiens, sauf celui qui s’est lui-même envoyé aux orties.

Cinéma et autre sortie

Belle sortie de piste pour Féfane, filmée de surcroît pour la postérité. Rarement vu une baguette de pain mieux paraître à l’écran que le personnage principal.

Il y en a qui réussissent à trouver, en puisant dans le plus profond de leur fond, de la pitié pour le type. Pas moi. Je me rappelle trop son arrogance, sa suffisance et son intransigeance quand il était en véritable situation de pouvoir. Allez, bon vent, merci, bonsoir, il est parti! Rentrez dans vos terres, triste sire, et n’en revenez plus!

Politique provinciale

Le seul moment édifiant de cette campagne électorale qui fut d’une platitude qui rivalisait avec celle des vastes plaines canadiennes – je parle ici de géographie physique, en tout cas, j’essaie – fut le passage de Jacques Parizeau à Tout le monde en parle. Dix minutes de pur plaisir qui ont suffi pour que tout le monde constate encore un peu plus à quel point les hommes et femmes politiques qui gèrent – car ce n’est plus que de la gestion – maintenant le Québec rivalisent de platitude avec… (relire plus haut).

« Politicien », a spontanément répondu Monsieur, quand on lui a demandé de qualifier, en un seul mot, Jean Charest. Et Monsieur avait dit, quelques minutes plus tôt, ce qu’il pensait des « politiciens » qu’il différenciait nettement des « femmes et hommes politiques ».

Oui, il faut être « politicien » dans son sens le plus arriviste et cynique pour lancer le Québec en élections simplement parce que le contexte – lire « la descente en down hill de l’ADQ dans les sondages » – favorise une réélection majoritaire de son parti. Oui, il faut être « politicien » pour récupérer à des fins électoralistes le bordel ambiant qui s’était installé à Ottawa, en arguant qu’il fallait un gouvernement majoritaire à Québec pour se prémunir contre une telle instabilité, en enfilant pour quelques heures le seyant costume de Québecman pour défendre son peuple contre le Quebec bashing des cowboys de Harper.

Et oui, il fallait être « politicien », mais peu stratège, pour tenter, à quelques heures du vote, d’attirer vers soi les souverainistes en leur demandant une trêve pour combattre, ensemble, la crise économique. Trop, c’est trop, et cette dernière manœuvre « politicienne » fut sans aucun doute à l’origine d’un regain du vote vers le PQ.

Qui trop étreint mal embrasse… Ouache! Je ne vous dirai pas l’image qui m’est passée par la tête… Quoi? Vous l’avez vue aussi? Je suis sincèrement désolé!

Chanson

Le 8 décembre, c’est l’anniversaire du décès de John Lennon. Mais cette année, ça devient aussi un deuxième mauvais souvenir : la date à laquelle s’est fait réélire Jean Charest.

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