Le dilemme entre homo sapiens et homo faber

Le dilemme entre homo sapiens et homo faber

1 novembre 2008 par 

Rien ne semble arrêter la réalisation des parcs éoliens. Des chercheurs de l’UQAR élaborent déjà des scénarios de nouveaux projets liés à la production d’énergie éolienne, comme si ce modèle de développement était toujours pensable et acceptable en milieu habité. Pourtant, en amont, règne toujours la même dynamique où le processus de décision, de participation et de contrôle des communautés locales sur le développement de leur territoire est grandement mis à l’épreuve par les promoteurs éoliens.

L’intention de l’ensemble des collaborateurs du Guide1 est de proposer un outil pour contrer les effets pervers d’un modèle de développement qui repose toujours sur le paradigme de la croissance dont la finalité est le profit. Dans un monde où la technologie s’appuie sur le développement durable, cela laisse croire que la production éolienne pourrait nous conduire vers un monde meilleur.

L’idéologie de la technique

Or il me semble que le Guide se laisse parfois piéger par cette idéologie de la technique (dont l’innovation est le carburant) où l’homo faber (expression latine qui fait référence à l’homme capable de fabriquer des outils et, plus largement, à la technique) finit par prendre le dessus sur l’homo sapiens (qui fait référence à l’homme capable de sagesse, de conscience, de responsabilité).

Par exemple, dans le premier chapitre du Guide, quelques pages sont consacrées à l’histoire du vent comme source d’énergie pour les éoliennes et font référence à leur usage à différentes époques (voiliers, moulins à eau, production d’électricité). Le Guide présente ces transformations de manière évolutive où, à chacune des étapes, l’usage du vent suit la marche du progrès. Or la technologie avant l’ère industrielle n’avait pas le même sens et n’occupait pas la même place que dans la société postindustrielle. Les moulins à vent qui servaient à moudre le grain n’étaient pas une menace pour les lieux habités, alors que les éoliennes industrielles s’imposent non seulement comme une accumulation d’infrastructures dans le paysage, mais laissent également entrevoir un réseau d’acteurs qui lient le savoir à des impératifs économiques.

Le rôle des élus

Une des dimensions importantes du Guide consiste à valoriser la rencontre entre les élus et les citoyens dans le but d’élargir la participation de tous les acteurs. Ainsi, le rôle des élus est de prendre l’initiative, dès le début du processus, de s’informer sur la nature du projet, d’informer et de consulter la population, et de concerter l’ensemble des acteurs concernés au nom de l’intérêt général et du bien commun. Or, dans le Guide, le bien commun, c’est-à-dire une vision commune du monde à habiter et à construire ensemble, est réduit à une liste d’inté