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VOL XXVII No 1, septembre-octobre 2021 Suzanne Tremblay

La liberté n’a de réalité que si on a le désir de s’en servir

La liberté n’a de réalité que si on a le désir de s’en servir

1 novembre 2008 par 

Je ne crois pas que la liberté d’expression soit, aujourd’hui, une revendication populaire. Il semble que la population ait autre chose à faire!

La mouche capitaliste a parfaitement endormi les citoyens en les transformant en des consommateurs attentifs au seul prix des marchandises. Et tout est marchandise! Voyez, à l’école, au CLSC, à l’hôpital, on parle de clientèle. De quoi parlent les hommes politiques ou les candidats à le devenir? Non pas de qualité de vie, d’état d’urgence face au déclin de la planète, d’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants, de convivialité entre les générations. Non, ils parlent de dollars et de développement.

Alors, les médias ne parlent à leur tour que d’argent. Il y a peu de temps, l’un deux titrait à propos de l’entreprise responsable de la propagation de la listériose et des morts qu’elle avait occasionnés : « Maple Leaf : 20 millions ». Et l’article développait le malheur de l’entreprise, tandis que les hommes et les femmes, les enfants avaient disparu. Voilà ce qui compte, les dollars! La publicité fabrique les médias qui ont ainsi pour mission de fabriquer des consommateurs. Le directeur d’une chaîne privée de télévision française, TF1, pour ne pas la nommer, a dit très clairement que l’organisation de la télé était faite pour préparer les téléspectateurs à bien « avaler » la publicité! […]

Je le disais, le capitalisme a réussi un exploit, endormir toute une population de citoyens qui n’a plus aucune envie d’exprimer publiquement ses rêves, ses utopies, ses émotions; le capitalisme a installé de façon linéaire la marche vers un développement durable qui ne sera que le sien.

Les lumières de la ville attirent, comme des papillons, les habitants jeunes et maintenant âgés laissant un monde rural en perdition. Qui parle, qui crie, qui hurle le danger que cela représente pour l’avenir? Quelques-uns, quelques moutons noirs, et puis…

On me dit souvent que je suis trop pessimiste, que je vois tout en noir, ce n’est pas juste, je considère que la partie n’est pas définitivement perdue. Simplement, il faut trouver (ou retrouver) les outils et les moyens de notre expression de citoyen : des médias libérés de la publicité, la réappropriation par la population de moyens d’expression tels que le théâtre, la chanson, l’écriture… Je suis toujours partant pour participer aux initiatives de création, de production. Si vous voulez, je peux vous dire tout ça en chansons!

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