Suggestions hivernales du Mouton NOIR

Suggestions hivernales du Mouton NOIR

1 janvier 2008 par 

Peut-être vous demanderez-vous, en parcourant ce numéro spécial, pourquoi certains de nos collaborateurs ont exhumé, des tablettes que vous imaginerez empoussiérées de leur bibliothèque ou de leur discothèque, des livres ou des disques parus il y a quelques années, dont les médias de masse ne parlent plus et qui sont condamnés à sombrer peu à peu dans l’oubli.

L’idée de ce dossier m’est venue en réécoutant l’entrevue que Robert Lalonde m’avait accordée quelques mois plus tôt, au cours de laquelle il avait évoqué la nécessité vitale, pour un écrivain, de lire et surtout d’entretenir son réseau de contacts, d’établir des connivences avec d’autres écrivains. Le Monde sur le flanc de la truite et Le Vacarmeur, ses « Notes sur l’art de voir, de lire et d’écrire », publiées en 1997 et en 1999, l’ont mis en contact avec des écrivains qui sont devenus ses interlocuteurs. Pour nous, lecteurs, ces carnets d’écrivain sont précieux, notamment parce qu’ils nous font découvrir d’autres voix.

J’aurais aimé parler des Silences du corbeau, du Milieu du jour, du Siècle de Jeanne et des essais d’Yvon Rivard, des nouvelles complètes de Hemingway, de celles de Raymond Carver, de Hermann Hesse, de Satyajit Ray, de Maupassant, de Katherine Mansfield; de l’œuvre de Virginia Woolf, des romans de Ying Chen, de ceux d’Irène Némirovsky et de tant d’autres… Mais voilà, ce sera pour une prochaine fois.

Quelques collaborateurs du Mouton NOIR, en se prêtant à l’exercice qui consiste à faire aux lecteurs, en très peu de mots, des suggestions de livres ou de disques de n’importe quelle époque et de n’importe quel pays, nous proposent leur univers particulier. Je vous invite sans réserve à y plonger.

« C’est comme pour les phrases, dans les bons livres. Soudain, on ne voit plus les mots, on les lit sans les épeler, on voit, on ressent, on est entré sans le savoir, sans le vouloir, sans comprendre, sous les mots, comme on descend sous l’eau pour apercevoir tout le grand corps transparent, diamantaire et glauque, de l’iceberg. L’auteur nous a tiré dans son monde, on voit comme chez lui, on vit sa vie, on voit avec ses yeux, son âme, on ne lit plus, on est lu.1 »

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Notes:

1. Robert Lalonde, Le Monde sur le flanc de la truite, Montréal, Boréal, 1997, p. 101-102.

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