La tradition dans la suite du monde

La tradition dans la suite du monde

1 janvier 2008 par 

Voici un petit disque tout simple qui risque assurément, si vous tendez l’oreille, d’accompagner plusieurs de vos soirées en famille. Enfin, je vous le recommande sincèrement. Enregistré dans un petit studio de Lachenaie, ce premier album des frères Fred et Nicolas Pellerin (oui, oui LE Fred Pellerin de Saint-Élie-de-Caxton!) nous propose un tour de chant extrêmement rafraîchissant, un véritable voyage musical au cœur du répertoire traditionnel familial qu’ils revisitent avec tendresse et émotion. Bien connu pour ses talents de conteur exceptionnel, Fred Pellerin se révèle sur ce disque un interprète fort touchant avec cet accent si chaleureux et ce timbre de voix si particulier qui véhicule à la fois la nostalgie du chant légué de génération en génération, mais également l’énergie, l’espoir et surtout l’amour de porter l’héritage musical familial au-delà du strict repère folklorique. Pour les frères Pellerin, et ça s’entend sur ce disque, le chant traditionnel prend vie et racine à chacune des époques qui le porte. Pour la suite du monde, disait le poète…

Tramé dans les fils de la mémoire et de la tradition avec son frère Nicolas, un jeune et talentueux violoneux qui agrémente le tout des couleurs de sa voix et de son jeu tout en nuances, cet enregistrement, tout simplement intitulé Fred et Nicolas Pellerin, nous plonge dans un répertoire varié, passant allégrement de la complainte déchirante (Dans la prison de l’ombre, Ripanpan) à des pièces plus swinguantes (La Lurette en colère, Madame Lefebvre). Soutenus dans l’aventure par Simon Lepage à la basse et Jeannot Bournival, le complice réalisateur qui agrémente certaines pièces de sa flûte ou de son accordéon, les frères Pellerin ont choisi de tricoter des arrangements dépouillés au maximum, laissant ainsi tout l’espace nécessaire aux mots de ces petites histoires où l’amour blessé traîne toujours dans les parages.

Ce disque des frères Pellerin touche vraiment à l’essence du chant traditionnel, le portant jusqu’à nous avec une vivacité et une tendresse revitalisantes. Il faut voir ma petite Françoise se dandiner sur certaines pièces du haut de ses quatre ans, un sourire doux accroché au visage, le regard dans le vide comme si elle voyait au-delà des mots et des musiques un quelconque ancêtre valser à l’horizon. Touchant, je vous dis. Indispensable.

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