dernier numéro

VOL XXVII No 1, septembre-octobre 2021 Suzanne Tremblay

O Vertigo

O Vertigo

Danse et écriture en direct
1 novembre 2007 par 

Les occasions d’assister à de grands spectacles de danse contemporaine sont plus rares ici qu’à Montréal, bien que le Théâtre du Bic et Spect’Art, notamment, gâtent le public avec une programmation exceptionnelle. Nul doute que Étude #3 pour cordes et poulies, créée par la chorégraphe québécoise de réputation internationale Ginette Laurin, fondatrice et directrice de la compagnie de danse montréalaise O Vertigo, figure au nombre de ces spectacles majeurs.

Étude #3 pour cordes et poulies propose une exploration de la vulnérabilité humaine en soumettant les danseurs à des tensions aléatoires. Entre les danseurs – immobiles, entravés, ligotés, parfois articulés comme des pantins ou encore libres de se mouvoir sur la scène – qui s’approchent, se rencontrent, fusionnent ou s’éloignent se dessine également la figure du couple. En plus de créer des perspectives, des points de fuite ou des trajectoires dans l’espace et de lier les interprètes les uns aux autres, les cordes, qu’elles soient nouées, tendues ou ondulantes comme des vagues, évoquent l’univers marin.

Il faut voir ce tableau où les danseurs, revêtus de longues jupes en toile qui bruissent et claquent au gré de leur gestuelle, semblent s’abandonner au mouvement de l’eau. Celui, troublant, où deux danseurs, dont la tête est momifiée au moyen de cordes et retenue par un câble, finissent par s’enlacer. Celui où des couples de danseurs sont reliés par une corde sortant de leur bouche et s’allongeant au fur et à mesure qu’ils s’éloignent l’un de l’autre. Celui où quatre danseurs, placés au fond de la scène, tirent chacun sur une corde, portée par une poulie et reliée aux jambes et aux bras d’une danseuse au premier plan qui, telle une marionnette, se soumet à leur fantaisie.

Danse et écriture en direct

Jacques Bérubé, agent de développement à Spect’Art Rimouski, ne s’en cache pas : le but de l’activité Danse et écriture en direct, c’est d’aviver l’intérêt d’un plus large public, qui est par ailleurs passionné de culture, à l’égard de ces spectacles. « Souvent, les gens me disent qu’ils ne comprennent pas les spectacles de danse. Or il ne s’agit pas de comprendre. Il suffit simplement de regarder, de se mettre en état d’ouverture par rapport à ce qui se passe sur la scène, de se demander en quoi ça nous fait plaisir et comment ça nous touche. » Si la plupart des gens – dont je suis! – ne connaissent pas bien le langage de la danse contemporaine, il n’en demeure pas moins que les chorégraphes conçoivent leurs spectacles afin de rejoindre le public. Quelle merveilleuse idée que celle d’aménager un espace de dialogue entre les créateurs et le public grâce à la littérature! L’activité Danse et écriture en direct convie trois écrivains à produire, en une trentaine de minutes, un texte de création qu’ils lisent ensuite dans le hall de la salle Desjardins-TELUS.

À sa première édition au printemps dernier, dans le cadre du spectacle de Louise Lecavalier, cette activité a surpassé les attentes des organisateurs et comblé autant le public, les écrivains qui y ont participé que l’équipe de Louise Lecavalier. À la fin du spectacle, le tiers du public avait attendu une demi-heure, le temps que les trois auteurs, Louise Beauchamp et Sandra Fillion, poètes, ainsi que Cédric Landry, dramaturge et comédien, créent un texte en s’inspirant de la prestation à laquelle ils venaient d’assister pour la première fois.

Le 9 novembre, l’écrivaine Sandra Fillion se prêtera de nouveau à l’exercice, en compagnie cette fois de Louis Gagnon, étudiant à la maîtrise en création littéraire à l’UQAR, ainsi que de Kateri Lemmens, écrivaine et professeure au département de lettres de l’UQAR.

Le 9 novembre à 20 h, à la salle Desjardins-TELUS : Étude #3 pour cordes et poulies. Chorégraphie : Ginette Laurin. Interprètes : Rémi Laurin-Ouellette, Brianna Lombardo, Robert Meilleur, Marie-Ève Nadeau, Michelle Rhode, Gillian Seaward, Neil Sochasky, Audrey Thibodeau.

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