Les héros ne meurent pas… mais ce n’est pas tout

Les héros ne meurent pas… mais ce n’est pas tout

1 septembre 2007 par 

Chez mon libraire, au rayon de la BD, l’étal est coloré, bigarré, incroyablement éclectique. Il y en a pour tous les goûts : Astérix, Titeuf de Zep, Tintin maintenant disponible à petit prix en albums petit format et quelques autres classiques populaires toujours actualisés : Ric Hochet (nº 72), Achille Talon, toujours disert (no 47), Michel Vaillant (nº 70), Boule et Bill (nº 31), Lefranc (nº 18), etc. Une chose est certaine, les héros ne meurent pas. Ils sont toujours prêts à réinvestir notre imaginaire. Mais ce n’est pas tout : place aussi à des séries récentes en tout genre, certaines à découvrir parmi lesquelles se retrouvent des BD québécoises, des aventures de Paul à la série Les Druides du dessinateur Lamontagne.

N’oublions pas que ces dernières années, la BD s’est enrichie d’autres héros maintenant bien établis. Vous retrouverez Largo Winch, Thorgal, XIII dont deux titres fort attendus à la fin de l’année boucleront la série. Ces nouveaux héros sont d’ailleurs mieux représentatifs de la BD actuelle que les anciens. Ils s’en distinguent à ce qu’ils ne sont plus entourés et soutenus par une famille de personnages. Plutôt, ils se retrouvent seuls, écartelés entre les forces du bien et du mal qu’ils n’arrivent plus, sinon difficilement à identifier et à reconnaître. On est bien loin du héros dieu, capable de toutes les prouesses comme l’était Tintin dans ses premières aventures. D’ailleurs, à la fin de son périple, dans Tintin et les Picaros, Tintin ne sait plus où donner de la tête. C’était déjà comme cela dans Coke en stock, un album charnière, à mon sens le premier typiquement moderne. Mais le héros bien ordinaire, celui qui triomphe du quotidien par de petites prouesses est bien présent. Allez découvrir les aventures de Paul de Michel Rabagliati.

Maintenant, dans le monde de la BD, il n’y a pas seulement les héros qui crèvent l’écran de la représentation. Il y a également les séries, les dossiers, les sagas de toutes sortes se confrontant à tous les genres; plus spécifiquement la science-fiction, le fantastique et le western qui tiennent le haut du pavé. Notons que depuis cinq ans, la publication de nouveaux titres de bande dessinée s’est accrue énormément, passant d’une moyenne de 750 à 2000 titres par année, de sorte qu’il y a lieu de parler de débordement. Depuis son origine officielle, il y a maintenant 111 ans, la BD aurait produit du côté francophone pas moins de 20 000 titres. Or, la moitié de cette production date de ces dix dernières années.

Actuellement, plus que jamais, la compétition entre éditeurs est farouche. Cela favorise la création de nouvelles séries qui forment des collections spécialement adaptées au goût du jour. Certains se spécialisent dans des genres qui pour le moment sont exclusivement exploités en BD. Par exemple, l’éditeur Glénat réserve à ses collections les spécificités du genre historique. L’histoire s’associe au fantastique et même à l’ésotérique occulte ou mystique. C’est la marque de la collection « La Loge noire ». Pour sa part, l’éditeur Soleil s’est tellement attaché au fantastique héroïque que son nom d’éditeur connote déjà le genre. C’est chez Soleil que se retrouve la fameuse série Les Druides, superbement dessinée par le Québécois Lamontagne, dont le troisième titre vient tout juste de paraître.

Enfin, peut-on imaginer la vie sans art? Sans musique? Sans œuvres peuplant l’imaginaire? Cela commence dès le plus jeune âge avec les contes qui font peur et qui paradoxalement rassurent et sécurisent comme un poison qui devient un médicament vers la voie de la guérison… Les héros ne meurent pas, mais, ce n’est pas tout, nous avons besoin nous les humains de nous faire raconter des histoires…

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