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VOL XXIII No.6 Agriculture de proximité: un engagement social

Des poches d’avoine aux fondations

Lettre ouverte à Monseigneur Denis Grondin, archevêque du diocèse de Rimouski

Des poches d’avoine aux fondations

22 janvier 2018 par 

Monseigneur Grondin,

Le 17 juillet dernier, je vous ai envoyé un courriel pour vous demander de retirer plusieurs millions de dollars des comptes de placements des trois fondations de l’archevêché ainsi que de son compte bancaire courant afin de payer les réparations d’urgence de la cathédrale Saint-Germain. Puis, un deuxième  courriel vous a été envoyé le 9 septembre dernier sur le même sujet. Je n’ai obtenu aucune réponse de votre part ni à l’un ni à l’autre de ces messages.

L’archevêché de Rimouski possède plusieurs dizaines de millions de dollars en placements dans trois fondations qui lui appartiennent. Dans la fondation Langevin, elle possède environ 12 millions de dollars, environ 9 millions dans la fondation de l’Évêché et environ 14 millions dans celle du Séminaire, pour un total de 35 millions de dollars. De plus, le compte bancaire courant de l’évêché contiendrait, selon une donnée obtenue en septembre 2016 lors d’une séance d’information sur le dossier de la cathédrale, environ 8 millions de dollars. À ce propos, on peut retrouver sur Internet des articles de M. Gilles Le Chasseur concernant la cathédrale de Rimouski. L’un de ces articles, publié dans L’Avantage le 23 septembre 2016, révèle les montants d’argent des trois fondations appartenant à l’archevêché de Rimouski. 

Les placements des trois fondations génèrent d’importants montants en intérêts. À un taux d’intérêt approximatif de 1,4 %, elles rapporteraient près de 500 000 $ par année. Malgré cette grande disponibilité d’argent, l’archevêché de Rimouski veut faire payer toutes les réparations d’urgence, celles qui le sont moins et sans doute aussi une partie de celles que nécessiterait son éventuel changement de vocation à tous  les citoyens rimouskois, pratiquants ou non, par l’entremise de la Ville de Rimouski et, ultimement, à tous les contribuables, par le biais d’éventuelles subventions du ministère de la Culture et de Patrimoine Canada.

Les brebis quittent le bercail depuis le début de la Révolution tranquille et le concile Vatican II dans les années 1960. Aujourd’hui, environ 5 % des catholiques pratiquent leur religion de façon assidue. Ces 5 % sont-ils issus de la génération qui a précédé celle des baby-boomers ou bien de ces deux générations? Et dans 10 ans, est-ce que les baby-boomers toujours vivants seront encore présents à l’église? Et au sein des générations suivantes, se trouve-t-il vraiment une relève pour la pratique religieuse?

L’attitude et le comportement de l’archevêché de Rimouski en ce qui a trait aux travaux de la cathédrale Saint-Germain, qui sont nécessaires depuis plusieurs années, me font penser à la conduite de Séraphin Poudrier, personnage principal du feuilleton radiophonique Un homme et son péché, de Claude-Henri Grignon, devenu par la suite Les belles histoires des pays d’en haut. Séraphin Poudrier, rongé par le deuxième péché capital : l’avarice, était l’homme le plus riche des pays d’en haut, mais habitait une maison très modeste, se faisait passer pour un homme pauvre, sans argent, et s’habillait comme tel. Ses richesses d’or et d’argent étaient cachées dans des poches d’avoine entreposées dans une pièce de sa maison, dont la porte était cadenassée. 

Comme Séraphin Poudrier, l’archevêché de Rimouski cache son argent dans des fondations. Mais n’oubliez pas, c’est la population catholique pratiquante, nos ancêtres, arrière-grands-parents, grands-parents, parents, ainsi que les générations d’aujourd’hui qui, au fil des décennies, a permis de constituer la très grande richesse pécuniaire et matérielle de l’archevêché de Rimouski.

Des dizaines de millions de dollars dorment dans les coffres de l’archevêché de Rimouski. Aux dernières nouvelles, l’archevêché serait prêt à débourser environ cinq millions pour des travaux sur ses églises rimouskoises, mais ne prévoirait rien pour la cathédrale Saint-Germain. N’est-ce pas votre tour, Monseigneur Grondin, de « donner à la quête » pour assurer la sauvegarde de ce bien architectural et historique et ainsi redonner à la population du diocèse de Rimouski ?

Cordiales salutations, Monseigneur Grondin.

 

 

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