De l’art éclairé dans ta face!

De l’art éclairé dans ta face!

2 novembre 2017 par 

Photo: Sébastien Raboin

En pleine répétition de la pièce La face cachée de la lune et autres clairs-obscurs, un joyeux trio – Cylia Themens, Isabelle Blouin-Gagné et Rémy Vaillancourt  – travaille à la création d’une « fable poétique ».

Spectacle littéraire collaboratif, poésie chantée, théâtre alambiqué, musique anarchiste aux instruments non conventionnels (tuyaux en PVC, chaînes, guimbarde, etc.), La face cachée est tout cela à la fois et plus encore. Cette œuvre s’affranchit de nombreuses normes et se trouve au croisement d’une multitude de formes artistiques. Mais rassurez-vous, l’univers tient de manière cohérente : « Nous évoluons constamment dans une sorte de zone grise, nous ne voulions pas faire du théâtre ou juste de la lecture de poésie accompagnée de musique. Non, la musique ici fait corps avec le texte et l’attention du spectateur ne doit pas être monopolisée ni par l’un ni par l’autre », explique Cylia Themens.

Point de départ : la lune sort de son orbite et donne à voir sa face cachée. Ce phénomène « science-fictionnel » aura un impact assez particulier sur les personnages et fera en sorte d’« éclairer » leur personnalité sous des angles inattendus. La lune mettra en lumière leurs forces comme leurs faiblesses, leurs réussites comme leurs échecs, leurs espoirs comme leurs rêves. À travers douze tableaux dans lesquels on trouve un homme à deux doigts de se pendre dans l’absurde, une méditation pleine conscience aux accents punk ou encore une constellation métaphysique absolument fascinante, on est abasourdi devant les surprenants détours qu’emprunte la pièce et les directions émotionnelles prises par les auteurs. Loin du cynisme, on a l’impression d’assister à une mise à plat de nos contradictions, de nos bassesses, mais aussi de ce qui, humainement, nous lie.

Dans cette pièce à trois voix, dont les textes sont écrits presque entièrement par Isabelle Blouin-Gagné, chacun des acteurs est à la fois musicien et interprète. Grâce à un processus collaboratif dans lequel chacun ajoute son grain de sel (ou de folie), une liberté de ton et un plaisir d’être ensemble se dégagent instantanément et permettent un questionnement vaste sur l’acte créateur en lui-même.

« On se demandait comment faire aujourd’hui de l’art qui soit beau et qui fasse du bien sans tomber dans le cynisme ambiant », précise Isabelle. Sans intention de répondre à cette question, on sent un groupe soudé, en osmose même et prêt à travailler au cœur, au corps et à la tête son public, sans jamais lui imposer d’idée préconçue sur ce qu’il voit. Un spectateur à qui l’on demandera de se faire sa propre idée sur la manière dont il conçoit le cynisme, sujet au cœur de la pièce et véritable fil conducteur du spectacle. 

 

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