Ce que Madrid devrait apprendre du Canada

Ce que Madrid devrait apprendre du Canada

2 octobre 2017 par 

“Mieux vaut un référendum perdant que pas de référendum pan toute”

- Dr. Crédible Berlingot

Madrid, tu n’as pas compris comment gérer ton référendum en Catalogne. Prenons quelques leçons du référendum québécois de 1995 que nous t’offrons généreusement!  

Pour bien commencer, cher Madrid, il est important de laisser la région organiser les choses qu’elle veut organiser. Ce sera à toi de t’assurer que le vent tourne du bon côté. Si ta région a envie de faire un référendum, laisse-la faire, mais arrange-toi pour que le Non l’emporte! Voici quelques stratégies que tu peux apprendre d’Ottawa :

Il est bon d’apprendre aux Catalans qui habitent hors de la Catalogne comment ils peuvent faire pour voter. Bien sûr, ceux qui sont à l’extérieur sont souvent plus enclins à voter “No”. On peut même offrir des billets de train ou d’avion à un dollars (0,68 euros). Oui, c’est bien ce que Air Canada et Via Rail ont fait en 1995, et nous suggérons de répéter l’expérience avec Iberia et la Renfe!

Madrid, tu n’as rien compris en allant frapper les Catalans devant les bureaux de vote. Tu es bien mieux de choisir des gens qui pourront voter illégalement ou encore voter deux fois! En 1995, environ 50 000 électeurs résidents à l’extérieur du Québec ont pu voter par la poste en s’inscrivant sur les listes électorales grâce à une déclaration où ils stipulent qu’ils allaient revenir s’établir au Québec “très bientôt”. Bien sûr, ils ne sont jamais revenus s’établir au Québec. Les dépliants informatifs distribués au Canada étaient financés par Option Canada! Certains journaux du Canada anglais expliquaient même comment s’inscrire auprès du Directeur général des élections, donnant le numéro de téléphone pour s’inscrire! De plus, 4000 de ces électeurs étaient aussi inscrits sur les listes électorales en tant que résidants du Québec, et on ne saura jamais combien d’entre-eux ont pu voter deux fois : une fois par la poste et une autre fois au bureau de scrutin.

Un autre excellent truc : il est profitable de créer une ou plusieurs corporations de bienfaisance afin de récolter des fonds et le dépenser illégalement pour promouvoir le NON. C’est ainsi qu’ont été créé Option Canada et le Conseil pour l’unité canadienne. Option Canada a dépensé 4,8 millions de dollars illégalement pendant la campagne référendaire, et tous ces fonds provenaient du gouvernement canadien!  Pendant que les deux camps ont eu le droit de dépenser chacun 5 millions pendant toute la campagne, gageons que de dépenser le double de son adversaire peut aider à assurer sa victoire! En plus,le Conseil pour l’unité canadienne était enregistré en tant qu’organisme de bienfaisance et pouvait donc produire des reçus pour fins d’impôt aux entreprises, afin d’envoyer moins d’argent au gouvernement et plus en propagande canadienne !

Je suggère de vous envoyer une délégation à Madrid. Jean Charest c’est notre meilleur, et on va le flanquer de Stéphane Dion (en plus il parle español), Sheila Copps pis Don Cherry. Jean Charest, c’était le chef de la campagne du Non de 1995, il a occupé le poste de premier ministre du Québec (équivalent du président de la Catalogne) de 2003 à 2012! Il vend ses services pour McCarthy Tétrault, vous pouvez le rejoindre au 514-397-4402. Sur sa biographie, on apprend que : “En tant que conseiller stratégique doté d’une perspective unique, il accompagne nos clients dans le cadre d’opérations, de projets et de mandats internationaux particulièrement complexes en les guidant à travers les rouages du monde [...]” ce qui semble parfait pour vous! 

Ce n’est pas très gentil de taper sur tes citoyens, belle Madrid, surtout si on veut leur faire accroire qu’on les aime et qu’on veut qu’ils restent près de nous. Je sais, je sais, certains êtres humains frappent sur celles qu’ils aiment afin qu’elles restent, mais la plupart des médecins et des psychologues te diront qu’il est préférable que la personne violentée quitte la relation plutôt que d’y rester, même si elle a parfois envie de continuer. Je te suggère fortement d’organiser une “Love Parade” au centre-ville de Barcelone, où vous invitez les Españols de toutes les régions et tout le gratin politique et jet set à venir faire des discours et à dire aux Catalans comment vous les aimez. Organiser la “Love Parade” deux ou tois jours avant le scrutin. Et voilà une bonne occasion de laisser des billets de train à un dollars en direction de Barcelone (conseil d’ami ;-) ).

La prochaine étape : vous vous excusez pour cette fois-ci, et vous promettez de faire un référendum dans 18 mois. Et faites-le! Le temps d’ici là devrait faire virer la boucane du bon bord, vous verrez. Vous pourrez envoyer votre chèque de remerciement à McCarthy-Tétrault ou au Mouton Noir, je vous laisse le choix. Et pourquoi ne pas fonder Opción España tout de suite, ainsi qu’un Ministère du patrimoine, et leur accorder des budgets pour promouvoir l’Espagne dans une Catalogne unie?

Madrid, laissez les gens voter, mais assurez-vous qu’ils votent du bon bord !

Dans un prochain billet, nous verrons qu’une Catalogne est aussi une couverture qui garde au chaud, nommée ainsi parce que :

  1. Il fait tout le temps chaud en Catalogne et qu’on suggère d’y aller en hiver
  2. Les Catalans sont tout le temps chauds en hiver

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