Femmes et pouvoir : encore loin du compte!

Femmes et pouvoir : encore loin du compte!

6 septembre 2017 par 

Le Québec est l’une des sociétés où les luttes féministes ont mené à de grandes transformations des institutions, des structures et des rapports sociaux. Pourtant, l’égalité est bien loin d’être atteinte dans la sphère politique, et ce, même au sein du monde municipal où se trouve le palier de gouvernance le plus près de la population.

Au lendemain des élections municipales de 2013, la Table de concertation des groupes de femmes du Bas-Saint-Laurent constatait que les femmes occupaient seulement 30 % des sièges. L’atteinte de la zone paritaire de 40 à 60 % des sièges semble donc encore bien loin, malgré une augmentation modeste, mais régulière des postes occupés par les femmes.

Huit maires et deux mairesses

Depuis 2005, la présence des femmes connaît une très lente progression, cependant il existe encore malheureusement trop de conseils municipaux au Bas-Saint-Laurent constitués uniquement d’hommes (7 sur 114) ou à forte majorité masculine (20 % des conseils ne comptent qu’une seule femme). Et la situation n’est guère mieux dans l’ensemble du Québec : les hommes occupent 80 % des postes de maires et 70 % des postes de conseillers.

Puisque les femmes représentent 50 % de la population québécoise, comment se fait-il que nous soyons encore si loin du compte?  

Les statistiques montrent que, malgré diverses mesures instaurées au cours des dernières années (mentorat, réseautage, formations, etc.), les femmes demeurent toujours réticentes à poser leur candidature.  Plusieurs facteurs influencent leur choix, mais l’enjeu de la conciliation travail-famille-implication est souvent évoqué comme un frein majeur, peu importe l’âge. Lorsque les enfants deviennent plus autonomes, beaucoup de femmes se retrouvent mobilisées par les besoins de leurs parents qui vieillissent.

Égalité privée et publique

L’égalité dans la sphère privée représente sans contredit une condition sine qua non à la participation des femmes à la vie publique. Tant et aussi longtemps que le partage des tâches domestiques et que les fonctions liées aux soins seront reléguées aux femmes, il sera difficile d’atteindre la parité dans le domaine politique.

Au-delà de l’organisation familiale, il est également essentiel de se questionner sur les modifications au sein de la structure municipale qui pourraient favoriser l’implication et la rétention des femmes. On peut penser ici à des mesures simples, mais efficaces telles que le remboursement des frais de garde pour les rencontres en soirée ou à la modification des heures de rencontres afin de faciliter la conciliation travail-famille-implication.

 

Du pareil au même?

Si les femmes et les hommes sont tous touchés par les multiples actions posées par les municipalités, nous devons nous rappeler qu’ils le sont de manière différente. L’apparente neutralité qui stipule que « ce qui est bon pour les hommes l’est également pour les femmes » ne tient pas compte des besoins particuliers des citoyennes, ne serait-ce que lorsqu’il est question de sécurité urbaine, d’accès au transport en commun ou de politique familiale. Étant peu représentées dans les lieux décisionnels, les femmes ne peuvent contribuer pleinement à la bonification de l’organisation municipale par leur expertise et leur expérience de vie. Certaines personnes ne remettent pas en cause l’importance de la parité, mais se questionnent sur les changements réels que pourrait apporter une plus grande diversité au sein des conseils municipaux. Sans tomber dans le piège des stéréotypes sexistes ou faire la promotion de théories essentialistes par rapport aux comportements des femmes, plusieurs études montrent que les femmes abordent l’univers politique d’une manière différente de celle des hommes et qu’elles contribuent à enrichir les prises de décisions, tout en ayant un impact considérable sur la manière dont se fait la politique.

Combien de candidates le 5 novembre?

Au lendemain du 5 novembre, quelle sera la place des femmes au sein des conseils municipaux? J’ose espérer que beaucoup de femmes se porteront candidates et que plusieurs d’entre elles seront élues puisqu’on constate de plus en plus que c’est à l’échelle des villes, des villages et des pouvoirs locaux qu’on peut influencer favorablement la qualité de vie de la population.

De mon humble point de vue, même si je suis convaincue des bienfaits d’une plus grande diversité pour la saine gouvernance municipale, je ne perçois pas la parité comme un moyen, mais bien comme une finalité. Il ne s’agit pas de savoir si les femmes vont améliorer ou non le sort de nos communautés, mais bien plutôt qu’elles participent pleinement aux décisions qui détermineront leur avenir, tout simplement. Le fait que les femmes représentent 50 % de la population me semble un argument valable en soi!

 

 

 

  

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