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Vol XXII No 5, Printemps érable, 5 ans plus tard

Où allons-nous?

Billet

Où allons-nous?

16 octobre 2012 par 

Nulle part pour le moment

Avec trois paires de mains sur le volant? Direction : prochaines élections. Un gouvernement minoritaire, c’est généralement une campagne électorale perpétuelle dont l’objectif est rarement le bien commun.

De la chicane dans la cabane

Si l’on s’en tient aux vieilles habitudes, le débat sera acrimonieux. Tous et toutes voudront se faire valoir en essayant de démolir l’autre. À l’aune de l’électoralisme qui a sévi lors de la campagne, le parlementarisme pourrait ne pas en sortir grandi. Sans compter ces Yznogoud péquistes qui souhaitent être calife à la place du calife : un gouvernement minoritaire pourrait leur sembler un excellent prétexte pour reprendre le grenouillage.

Mais le gouvernement n’est pas un char…

Et l’État du Québec une autoroute à construire en engraissant des entrepreneurs véreux! Fini le vroum vroum de la testostérone. Voilà ce que doit contenir le discours de la première ministre si on veut éviter que toute la classe politique perde son temps, et le nôtre, à se piétiner sur la place publique. Souhaitons que la courtoisie de Françoise David devienne contagieuse. Si la première ministre a peu de marge de manœuvre pour légiférer, elle peut néanmoins lancer de grands chantiers de réflexion dont on a grandement besoin, entre autres sur l’éducation supérieure, l’exploitation de nos ressources et le vieillissement de la population. Pauline Marois et François Legault devraient pouvoir s’entendre sur le ménage à faire dans le financement des partis et l’octroi des contrats; ils doivent faire le pacte qu’il n’y aura pas d’élections avant le rapport de la commission Charbonneau. Le contraire serait irresponsable.

De Charydbe en Scylla : d’Hérouxville à Trois-Pistoles

À la décharge des élus d’Hérouxville : un peu de naïveté et beaucoup d’ignorance. Lorsqu’à la veille des élections le maire de Trois-Pistoles, et président de l’association libérale de comté, décide de couper les vivres à l’Échofête parce qu’un invité (bénévole) rêve d’un monde meilleur incompatible avec la vision du Parti libéral, on aimerait n’y voir que de la mesquinerie partisane irréfléchie. Mais il s’agit de censure, une censure qui hélas semble s’inscrire dans un certain courant de politique autoritaire.

Gabriel Dubois-Nadeau n’est pourtant ni un criminel, ni un terroriste, il défend seulement en toute légalité des idées de gauche. Un geste des élus d’autant plus surprenant que l’Échofête, un rassemblement festif et pacifique visant à promouvoir le développement durable, a toujours eu une dimension politique plutôt à gauche.

La tournée de Gabriel Dubois-Nadeau et de la CLASSE dans l’est du pays s’est déroulée dans le calme et la dignité. GDN a finalement décidé de démissionner, c’était la meilleure manière de mettre fin à la diabolisation politique de sa personne. C’est tout à son honneur.

Plus vil encore, dangereux même

Les propos xénophobes, voire racistes du maire de Saguenay à l’endroit de la candidate péquiste Djemila Benhabib ont été qualifiés de courageux (sic) par un ministre libéral. L’ancien chef du Parti libéral refusera de condamner les propos du maire Tremblay, se contentant comme à son habitude d’esquiver la question. Accepter une telle dérive de discours tout en qualifiant le simple port du carré rouge de symbole de violence et d’intimidation ouvre la porte à tous les dérapages. Sans compter le mépris affiché pour les dizaines et dizaines de milliers de personnes qui sont descendues dans la rue.

L’impact d’un référendum sur la venue des Nordiques? Faut vraiment prendre le peuple pour des imbéciles pour dire pareilles sottises. Merci aux électeurs de Sherbrooke.

La chasse au caribou à la kalachnikov

Loin de moi l’idée de vouloir attribuer la responsabilité des actions d’une personne vraisemblablement perturbée à quiconque, mais il y a une réflexion à faire sur l’influence de la violence verbale politicienne sur le climat social, c’est une question d’éthique de la responsabilité. Lorsque l’invective devient la norme à l’Assemblée nationale, lorsque l’adversaire devient un ennemi à abattre, on encourage l’intolérance envers qui ne pense pas comme soi.

On avait déjà de la radio poubelle, de la chronique poubelle, on n’a pas besoin de politique poubelle.

Les débats d’idées : l’oxygène d’une société

Le débat gauche/droite au sujet de l’exploitation des richesses est essentiel, car à l’heure actuelle la planète s’épuise et nous réserve des catastrophes écologiques. Il faut en parler.

Il existe des arguments pour démontrer que le fédéralisme est préférable à l’indépendance du Québec? Soit, je veux bien les entendre, mais qu’on ne me dise pas qu’un référendum c’est dangereux, que cela provoquera le chaos. Jouer avec la peur, c’est jouer d’une corde sensible, mais c’est aussi jouer avec le feu. Deux référendums n’ont pas généré d’apocalypse. Cela se saurait.

Au lieu d’accepter que l’on nous repasse un vieux film d’épouvante, regardons l’avenir de la planète Terre et de notre terre-Québec avec l’œil de nos enfants.

Madame Marois, votre défi est grand, il faut élever le débat, forcer l’Assemblée nationale à quitter le ras des pâquerettes. Vous avez la force et le courage nécessaires. Vous n’avez jamais été aussi éloquente qu’en restant sur le navire, au Métropolis, en bonne capitaine, à vous occuper de votre monde.

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