Encore les écolos de Montréal…

Encore les écolos de Montréal…

1 novembre 2007 par 

Le 14 septembre dernier au Saguenay, des activistes de Greenpeace bloquent pendant des heures un navire qui transporte de la pâte à papier provenant de la forêt boréale. C’est la colère parmi les élus locaux et les syndicats forestiers. Encore une fois, des « écologistes de Montréal » se mettent à dos une partie de la population locale, comme l’a fait le lobby contre la chasse aux phoques aux Îles-de-la-Madeleine, ou le lobby en faveur des grands parcs éoliens dans le Bas-Saint-Laurent. Est-ce que ce serait la preuve que les mouvements sociaux ne s’écoutent pas assez les uns les autres?

Pour Évariste Feurtey, qui œuvre au sein du Laboratoire de recherche en énergie éolienne de l’UQAR, il ne fait aucun doute que les grands lobbys verts sont déconnectés des mouvements citoyens établis en région. « Leurs bureaux sont à Montréal ou à Québec, parce que c’est là que les décisions politiques se prennent », fait-il remarquer. Et à tout sacrifier au nom de cette proximité du pouvoir, ces organisations – Greenpeace en tête – perdraient de vue les dommages collatéraux que leur stratégie entraîne dans les régions éloignées.

La preuve que d’autres modèles existent : l’Allemagne est devenue un leader mondial de l’éolien, grâce à l’apport de nombreux groupes écologistes (dont l’influent Parti vert allemand) qui eux avaient des assises locales. Pas de développement « téléguidé » par les grands centres urbains, donc. « Là-bas, la politique de l’éolien communautaire a été mise en place avec le soutien des gens, autant au niveau national que local. Personne n’a été oublié », conclut M. Feurtey.

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